‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 234 sur 513 · D. Augustin, De Civit. Dci, VI, 5 sqq · texte numérisé non relu

D. Augustin, De Civit. Dci, VI, 5 sqq

LES ANCIENS POETES LATINS

ENNIL'S.

propose pas d'instruire, où l'inslruclion n*est qu'un prétexte, quelquefois bien peu sérieux, bien badin même, pour l'art inoccupé des vers, pour l'imagination épuisée et oisive, pour son dernier et facile exercice, celui de la description. Par là, le devancier lointain de Lucrèce s'est trouvé être aussi à certains égards le devancier d'Ovide.

Si, comme le prétend Pline*, que les modernes ont accusé de s être mépris sur ce point, Ovide est l'auteur des fragments sur la pêche, sur les mœurs et les qualités des poissons, ajoutés à ses œuvres, l'honneur de la priorité, dans un tel sujet, lui a été de bien bonne heure et bien prématurément enlevé par un ouvrage didactique d'Ennius, que désignent les anciens sous des titres très-divers, mais de sens pareil, Phagelica, Phagesia, Jledupalhica] HedupalheUca, Heduphayetica. C'e^t ce dernier titre que lui donne Apulée% lorsqu'il s'excuse du peu d'importance de quelques-uns de ses sujets par l'exemple du grave Ennius qui, dans ses Ileduphagetica, a pu traiter impunément des poissons bons à manger, des lieux où se trouvent les plus renommés, de la meilleure manière de les apprêter.

Ennius, qui a décoré ses autres productions didactiques des noms d'Épicharme et d'Évhéraère, aurait pu inscrire en tête de celle-ci le nom d'Archestrate. Il y reproduisait en imitateur, quelquefois même en traducteur, M. Vahlen Ta remarqué», quelques-unes des leçons gastronomiques données, avec un sérieux didactique atfecté, à la sensualité grecque, par ce spirituel contemporain d'Aristote, qui a fait aussi, avec un grand zèle, mais dans un bien autre dessein, et sur un bien autre ton, de l'histoire naturelle^ Peut-être même invoquait-il en commençant son souvenir, comme a fait l'auteur du poëme français de la Gastronomie".

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