De Ftnib. I!, 32; De Orat. III, 42. — 6. V. Politiones
7. Texte de M. Vahlen. On a rapproché de ces passages ce qui est
LES ANCIENS POETES LATINS
Pétrarque a fait converser très-poétiqueraent* le vainqueur d'Annibal et le brave soldat de Rome, auteur des Annales, Il y a trace aussi d'un tel entretien dans les rares débris du poëme d'Eunius. Le poëte s'y faisait adresser par Scipion cette magnifique louange :
Salut Ennius, poëte, qui de ta veine profonde répands pour les mortels des vers tout de flamme.
Enni poeta, salve, qui mortalibus Versus propinas flammeos medullitus *.
Il se refusait, je m'imagine, à chanter le héros, son ami, tantôt par cette raison familière, qu'il n'était poëte que quand il avait la goutte :
Nunquam poetor nisi si podager'. ...
tantôt en alléguant *, plus noblement, qu'un Homère seul eût pu louer dignement Scipion. Vaine défaite, c'était se désigner lui-même, lui qui se donnait, et se faisait accepter des Romains comme Ilomère ressuscité, sous une forme nouvelle, par la métemp>ychose. Et, en elïet, n'acceple-t-il pas l'office de panégyriste lorsque, par exemple, il s'écrie :
Quelle statue, quelle colonne férigera le peuple romnin, qui puisse parler dignement à la postérité de toi et de tes hauls faits ?
Qunm tantam statuam statuet populus Rnmanus, Quamve columnam, quae teque et tua gesta loquatur"?
Complétons le panégyrique, non pas par les vers correspondants du IX" livre des Annalts, ils nous manquent, mais par deux petites pièces qui nous ont été heureusement conservées*. Dans l'une, Ennius écrivait pour le tombeau de Scipion :
dit d;irv> Tite-Live [llist . XXXVIII, 50) du magnifique panégyri'iuf' personnel par lequel t^e défendit Scipion contre les accusations des deux Pélilius.