Eurip. Hed. v. 132 sqq
- 7. Cic. Adfam. VII, G. 0. Ribbeck, p. 38,249.
ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE
reraent qu'il arrivait à Ennius de modifier ce qu il imitaîL Dans son Hécube, quelques fra.c^raents le font penser à M. Ribbeck*, Ennius avait remplacé par un chant plamtit le silence désespéré que garde, chez Euripide, étendue à terre sans mouvement», la mère infortunée de Polyxene, à qui l'on vient d'arracher sa fille. Dans son Iph'ijénxc, e chœur ne se composait pas, comme chez Euripide, de lemmes de l'Eubée qui visitent le camp des Grecs, mais d('. soldats fatigués de la longue atlente du départ. D ou elait venue à Ennius l'idée d'un changement si considérable/ Peut-être d'un passage de la pièce grecque elle-même ou Achille parle de l'impatience et de l'ennui de ses soldats ; peut-être aussi, c'est une opinion renouvelée par M. Ribbeck, du mélange de l'Iphigénie d'Euripide avec l'Iphigenic de Sophocle, par un procédé que Térence devait bientôt appliquer systématiquement à la comédie, mais dont avaient usé avant lui les tragiques latins, en faisant comme un premier pas vers une plus grande liberté de
composition.
Nous avons de ce rôle, imaginé par Ennius, un iragment bien étrange, mais bien caractéristique et que, par cette raison, il est à propos de rappeler :
Oui ne sait occuper son loisir a plus d'occupalion que rhSmme le plus occupé. Quand on a quelque chose a taire, on s'y livre, on s'y applitiue, on en charme son esprit. Mais, dans unîloisir désoccupé, l'esprit ne sait ce qu'il veut. Ainsi de nous : nous ne sommes maintenant ni en paix, m en guerre; nous allons, nous venons et recommençons sans cesse; notre esprit est inquiet, errant; c^est vivre à côté, en dehors de la vie.
Otio qui nescit uti, plus negoti habet Ouam (ille), qui est nef^otiosus (arduo) in ne^otio. Nam cui quod agat institutum'st, nullo (quasi) nejrotio Id a°-it, id studet, ibi mentem atque animum delectat suum.
"btioso in otio animus nescit quid velit. Hic itidem est : enim neque domi nunc nos nec mihtiœ sumu3 îmus hue, hinc illuc : cum illuc vemtum est, ire dhnc lubel. Incerte errât animus; prseler propter vitam vivitur .
1 P *?'î'2 «îa — 2 Eurip. liée. v. 482 sq. — 3. V. 791 sqq.
4 À. GelL \Voc'. an. XIX, 10. 0. Ribbeck, p. 33, 257. Peut-
ENNIUS
Ce qui reste des œuvres si diverses d'Ennius n'offre guère d'exemple plus frappant de cette. grossière figure de Tallitération par laquelle la vieille poésie latine suppléait, comme elle pouvait, et dans les genres les plus relevés, dans l'épopée, dans la tragédie*, aux agrémen-ts qui Im manquaient encore. Là, de plus, se trahit bien manifestement un goût pour les raorahtés, les maximes, plus prononcé peut-être que chez Euripide lui-racme, et qui, chez son disciple, son imitateur outré, répondait à l'esprit du public romain. Si, parmi les jeux de la comédie, l'expressiGii sentencieuse et touchante de la sympathie de l'homme pour l'homme transportait, ravissait ce public, s'il se laissait volontiers distraire de la futile gaieté du mime et ramener au sérieux par la gravité inattendue de quelque pensée di^ne du cothurne-, à plus forte raison s'accommodait-il d'une tragédie au langage moral, philosophique, de personnages tragiques philosophant ; c'est l'expression même
d'Ennius.
Par un singulier anachronisme, dont Euripide n'offrirait pas l'équivalent, car ce n'est pas lui, probablement, qui a. qualifié de GO-tr; sa Ménalippe, malgré les droits de ce personnage à une telle qualification, Ennius prête l'expression philuyophariy on ne devinerait pas à qui; au fils d'Achille, à Néoptolème, soit dans une tragédie de ce nom, comme le
être selon une conjecture de M. Ribbeck, p. 56, 257, était-il répendu à ces réflexions du chœur par ces vers que cite Cicéron. luscul. Ul, 3 :
Animus œger semper errât neque pati neque perpeti Polis est.... cupere nuniquan» desinit.
1. Voyez, dans le recueil de M. RiLbeck, p. 43, le 1" fragment du
l'Iicnix :
.... Stulu'st qui cupita cupiens cupienter cupit;
(Non. V. Cupteiiter.)
Cl p. Cl , dans les Incerti nominis reliqmœ, le LV« fragment :
(Umquam) quidquam quisquam cuiqnam quod ei conveniat negeU
{iZic. Hhtt ad. Herei,n.\\,\2)