‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 268 sur 513 · A. Gell. Noct, attic. VI, IG. 0. RibLeck, p · texte numérisé non relu

A. Gell. Noct, attic. VI, IG. 0. RibLeck, p

blics et de sacrifices, durent répondre les sympathiques applaudissements du public romain !

Terminons par un des plus beaux débris du théâtre tragique d'Ennius, par une scène qui offre quelque chose d'analogue à ces peintures de l'héroïsme dont le disciple d'Homère, l'Homère romain, le brave soldat en même temps que le poëte inspiré de Rome, avait rempli ses patriotiques Annales. C'est une scène de son Achille.

Tout ce que comprend l'Iliade, la colère et le repos d'Achille, et, après les malheurs des Grecs abandonnés à euxmêmes, après l'intervention et la mort de Palrocle, le retour du héros aux combats, sa victoire sur Hector suivie de si cruels emportements, sa pitié pour Priam, tout cela Ennius l'avait mis en tragédie; non, sans doute, directement, d'après Homère lui-même, mais a'après ces tragédies grecques qu'on pouvait justement appeler les reliefs des festins d'Homère; non pas dans une seule pièce, il eût à peine sufh pour cela du vaste cadre de l'antique trilogie, mais dans trois pièces différentes, entre lesquelles M. Ribbeck a distribué, avec vraisemblance, toute cette matière épique : un Achille que, du nom du poëte grec à qui il était emprunté, on appela VAchille dCArislarqve, un autre Achille^ celui dont il s'agit en ce moment, enfin la Rançon cVIkaor [Hectoris Lustra).

Il est probable que dans son Achille Ennius avait ajouté au modèle grec quelques-uns de ces beaux traits, expression de la vertu héroïque, que nous a conserves Cicéron*. Si la tragédie latine enchérissait volontiers sur ses modèles, ce devait être su i tout dans des sujets où pouvait se faire jour, à travers l'imitation, dans ces beaux temps de la vertu romaine, l'accent propre à l'exprimer.

Cet accent anime la scène d'Ennms, car elle est bien de lui, comme il ressort du rapprochement de ce passage qui nous la rend, dans son ensemble, avec un autre qui en reproduit seulement un vers, et où Ennius, dont le nom est omis dans le premier, se trouve clairement désigné^.

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