‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 285 sur 513 · Tuscul. III · texte numérisé non relu

Tuscul. III

ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

teur, mais que Ton raoporte généralement, avec beaucoup de vraisemblance, à Pacuvius et à son Mcdus, Éétès luimême, ce fils du Soleil, dépeignait, avec une grande énergie, sa misère; une misère, dit éloquemment Cicéron, qui le rendait indigne des regards mûmes de son père.

Mes yeux ont reculé au fond de leurs orbites; mon corps s'est desséché; des ruisseaux de larmes ont creusé mes pâles joues; de mon visage défait descend une barbe négli"-ée hérissée, difforme, qui couvre mon sein flétri. ^ '

Refugere oculi; corpus macie extabuit ; Lacrimas peredere humore exsangues gênas* Silum inter cris barba paedore horrida Inion^ia infuscat pectus inluvie scabrum*.

Ces vers nous acheminent, dans le théâtre de Pacuvius à ce qui est proprement la tragédie. De belles pensées philosophiques, de beaux traits descriptifs n'en sont qu'un ornement : il lui faut, pour consommer son œuvre des effets de terreur et de j)ilié; il lui faut l'expression animée de la passion. Ennius, je l'ai montré, y avait atteint, par le mouvement, le tour franc et naturel de son style. Ce mérite n'a pas non plus manqué à Pacuvius, bien que le recueil de ses fragments en offre moins de preuves, et que dans les passages qu'on peut alléguer, se rencontre trop souvent une expression chargée et tourmentée.

Gilons, parmi d'autres beaux traits de Pacuvius, cette exclamation d'un de ses personnages au sujet sans tloute d'une des disgrâces qui affligèrent, après leur victoire les vainqueurs de Troie :

Priam, témoin de son malheur, en aurait lui-même pitié.

Priamus si adesset, ipse ejus commiseresceret *.

Les allusions, les parodies mêmes de la comédie, sont un hommage indirect qui n'a pas plus manqué à la tragédie latine qu'à la tragédie grecque. Bien avant que le trait

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