‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 286 sur 513 · Serv. in ^En. XI, 259. 0 Ribbeck, p · texte numérisé non relu

Serv. in ^En. XI, 259. 0 Ribbeck, p

PACUVIUS

de Pacuvius eût été reproduit par le célèbre héraisliche de Virgile : vel Priamo miscranda manus^ et, plus tard, dans ce beau vers de Sénèque le Tragique^ :

Cladibus nostris daret vel Troja lacrimas,

un contemporain du poète, Térence, l'avait transporté dans une de ses comédies'. Il y était dit d'un jeune homme qui, pour se marier, a quilté une maîtresse, mais ne Ta pas quittée sans un effort douloureux, que l'abandonnée ellemême en aurait eu pitié :

Ita demum asgre tulit, ut ipsim Bacchidem, Si adesset, credo, ibi, ejus commiseresceret.

Ce commerce de la tragédie et de la comédie, preuve évidente de leur commune popularité, n'était pas une chose nouvelle au théâtre de Rome. Plante, dans l'âge précédent, avait parodié Ennius Son Ghrysale*, ce loinain précurseur de Scapin, s'applaudissant du succès prochain d'une de ses fourberies, et, dans un canlicum boulfon, développant un long parallèle entre sa victoire sur sa dupe, le vieux Nicobule, et celle des Grecs sur les Troyens, répétait plaisamment quelques-unes des touchantes jjlaintes de l'Andromaque d'Eonius, pleurant la ruine de sa patrie et de sa famille^ « Je veux, disait-il, en attendant l'arrivée du vieillard, entonner la complainte : 0 Troie! ô patrie! ô Pergame! ô Priam! c'est fait de toi, vieillard.... »

Nunc priusquam hue senex venit, lubet lamentari, dum exeat : 0 Troja! o patria ! o Pergamum ! o Priame ! periisli, seuex....

Vllione, attribuée par Bothe à Ennius, mais que Ribbeck, d'après certains témoignages^, rend à Pacuvius, et avec raison, ce semble —Ennius, auteur d'une ^6'Ci/6e, n'eût

1. Â^jii. XI, 259. — 2. Aqamemn. v. 519. 3. Ueojr. I, 2, 53—4. UacchidAW, ix, 1 sqq. 5. Voyoz ]>lus haut, p. 129.

G. Duii scoliasle de Cicéron; de Servius , in JUn, II, 50G, 557, etc.

ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

pu y joindre une Ilione, une pièce de sujet tout pareil, sans se répéter — Vllione, dis-je, s'ouvrait par une scène frappante, à laquelle Gicéron nous fait presque assister*, tant l'harmonie de ses paroles est d'accord avec l'expression pathétique, le lugubre accompagnement musical par lesquels, dit-il, elle répandait la tristesse dans toute rassemblée ^

Ilione, fille de Priam et femme de Polymesfor, a eu de celui-ci un fils nommé Déiphile, qu'elle a imaginé de substituer à Polydore, lorsque ce dernier rejeton du roi des Troyens et, avec lui, un riche trésor lui ont été confiés- Précaution funeste ! Ilione cause ainsi la mort de Déiphile, assassiné à la place de Polydore par l'avare tyran de Thrace, et dont Tombre viant avertir de son triste sort sa mère endormie :

Ma mère, écoute-moi :tu charmes tes soucis par le sommeil, sans plaindre mon malheur : lève-toi; ensevelis ton fils avant que son corps devienne la pâture des bêtes sauva,q-es, des oiseaux de proie.... Ne çouffre pas, je t'en conjure, qu'arrac'iés à mes os et souillant de sang la terre, les restes de ma chair soient adreusement déchirés.

xMater, te appelle, tu, quae curam somno suspense levas, Neque te mei miseret; surge et sepeli natumtuum, priusquam Volucresque.... [ferse

Neu reliquias, quaeso, meas sieris denudatis ossibus Fer terram sanie delibutas fœde divexarier.

A cette voix gémissante Ilione s'éveillait et s'écriait, poursuivant l'ombre fugitive :

Arrête; demeure; écoute-moi; répète tes paroles ; que je t'entende encore ! ' i j

.... Age, adsta; mane; audi; iteradum eadem istœc mihi».

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