‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 290 sur 513 · Tuscul. II, 8, 9. - 'i. Ibid, IT · texte numérisé non relu

Tuscul. II, 8, 9. - 'i. Ibid, IT

Une des raisons, en effet, qu'on a données du médiocre succès des Romains dans la tragédie, c'est précisément que cet endurcissement contre la douleur les rendait moins propres, les poètes comme leur public, à exciter, à ressentir les émotions du pathétique. Citons le chapitre de Cicéron, comme nous avons précédemment cité» celui', dont il semble le pendant, où il a montré, dans une scène d'Ennius, l'héroïsme homérique d'Eurypyleet de Patrocle marqué de traits plus prononcés, comme il convenait à un poète romain, écrivant pour des Romains.

Dans la pièce de Pacuvius, le plus sage des Grecs ne se plaint point avec excès, mais plutôt avec mesure :

« Doucement ! point d'effort ! Gardez qu'une secousse ne me livre en proie a une douleur plus vive, a

Pedetentim ac sedato nisu.

Ne succussu arripiat major Dolor. ^

Pacuvius est ici supérieur à Sophocle, chez qui Ulysse se répand en l.meiitatioris sur sa blessure. Mais si peu que gémisse IJlysse de Pacuvius ceux qui le portent ne laissent pas de lui dire, songeant a la dignité du personnage :

vnvnJr\^"^^^' Ulysse quoique gravement atteint, nous le vo} ons, tu nous semblés montrer trop de faiblesse d'àme nour un ùomme accoutumé à une vie guerrière. »

Tu quoque, Ulixes, quamquam graviter Cernimusictum, uimis pasne animo es Molli, qui consuetu's in armis ^vum agere.

Il sait, le sage poëte, que pour apprendre à souffrir ce n'est

Feurs Xn.""!' ' "^^^^''''f q"« l'habitude. Rien d'outré d'ailleurs dans 1 expression d'une douleur si forte.

r^i.'^-J?i!?®^;!^°'' ^enez-moi; je succombe. Découvrez ma plaie I Ah ! malheureux ! quelle souffrance ! d ^"^>^^*^2 ma

Retinete, tenete ! opprimit ulcus :

Nudate! heu miserum me, excrucior!

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