Voyez plus haut, p. 134. - 2. Tuscuï, II
POirSI- LATINE. ' II- a
162 ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE
H commençiit à fléchir, n ais aussitôt il s'arrête :
« Non, recoiivrcz-ia ; re'irez-vous ; hissez-moi : vos mains, qui me touchenl et ra'éDranlent, augmentent mes cruelles douleurs. «
Operite, abicedite jamjam, Mitiiio : nam attrectatu et quassu Sae/um amplificatis dolorem.
Voyez-vous comme s'est tue, non pas la douleur du corps qui n'est point apaisée, mais la douleur de Tàme qu'il a su réprimer. Aussi, à la fin de la tragédie, fait-il aux autres la leçon, lorsqu'il dit en mourant :
« La plainte peut convenir dans l'adverse fortune, non les lamentations. Tel est le devoir de l'homme; pleurer est le propre des femmes. *
Conqueri fortunam adversam, non lamentari decet : Id viri est officium, fletus muliebri ingenio additus*.
Remarquons en passant que ces légendes tragiques, renouvelées du théâtre gfec, avaient parfois, pour des spectateurs romains, un intérêt particulier. D'après certaines traditions S Télégon était l'ancêtre grec de Rome, comme Énée son ancêtre troyen; il était père de Latinus, dont Énce était gendre. Une grande famille de Rome, la gens Mamilia, prétendait descendre de lui\ Des lieux bien voisins le rappelaient h la mémoire : le promontoire, autrefois l'île de Gircé, ainsi nommé du séjour qu'y avait fait sa mère; lavilledeTusculum, qu'il avait fondée et d'où étaient venus ses descendants, lesM-imiliens. Aucun poët3 ne parlait de Tusculum sans rappeler cette origine consacrée *, et Horace' montrait à Mécène, du haut de sa tour, dans le vaste paysage romain, la colline du parricide Télégon, Telegoni jagaparricidx, expression entendue de quiconque