‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 293 sur 513 · Suet. Cœs. lxxuv ; Appian. BcU. civ. U · texte numérisé non relu

Suet. Cœs. lxxuv ; Appian. BcU. civ. U

ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

d'Ajax mourant dans VAnnorum judlcium. C'était une pièce imitée d'Eschyle, je l'ai déjà dit, mêlée peut-être à i'Ajaxde Sophocle, et qui avait pour sujet, comme l'indique le litre, la querelle d'Ajax et d'Ulysse se disputant les armes d*Achille. On peut se figurer quels transports de pitié et de colère fit éclater dans l'auditoire ce vers d'une application si directe :

Men' servasse, ut essent qui me perderent * l Quoi ! j'ai sauvé ceux qui devaient me perdre !

C'est là, pour nous, le dernier succès de Pacuvius. Plus tard, nous ne rencontrons la trace de son théâtre que dans ies éloges ironiques d'Horace, dans les moqueries de Perse et de Martial, dans les citations complaisantes d'érudits au goût archaïque, comme Aulu-Gelle et Alacrobe, dans les remarques philologiques des grammairiens. C'en est fait de la vie véritable de ce théâtre, de son poëte : par une fortune qui lui est commune avec les deux autres grands représentants de la 'tragédie latine, il est désormais au nombre de ces talents qu'Horace appelle ingénia sepulta\

ATTIDS.

Attius'a été le contemporain des deux poètes qui l'avaient précédé dans la carrière tragique. Lorsqu'il naquit, l'an de

1. Suel. ibid; Appian, ibid. Cf. Cic. Phil. II, 3. 0, Ribbeck, p. 67, 291. ^'l.Epist. II, I, 88.

3. AttiusouAccius. La première orthographe, conforme à T'Attio; de

particulâtrcTierit MM. Bothe et Ribbeck.

ATTIUS

Rome 582 *, Ennius, né en 515, comptait soixante-sept ans, et Pacuvius, né en 532, cinquante ans ; il eut donc à lutter, en abordant la tagédie, contre les souvenirs ron encore effacés du premier, contre les succès encore éclatants du second : il sortit triomphant de cette double lutte. VelleiuF Paterculus^ va jusqu'à dire, avec quelque injusticp, ce m3 semble, que pour quiconque ne veut pas remonter jusqu'à des essais bien grossiers, bien rudes, recommandables seulement par la nouveauté de l'art, c'est chez Altius et dans ce qui se groupe autour de lui qu'est toute la tragédie romame.

Son talent put se déployer à l'aise dans une longue vie; car il lut connu de Cicéron* , probablement vers 667. i?i dans ce qu'on a raconté de ses rapports avec César* il s'agissait du dictateur, on devrait le faire vivre jusque vers 675. Dans les deux cas, il aurait dépassé soit quatre-vingts, soit quatre-vingt-dix ans et donné un nouvel exemple de ces longs règnes dramatiques chez les Grecs d'Eschyle et de Sophocle, chez les Romains d'Ennius et de Pacuvius. Ennius, je l'ai rappelé précédemment*, n'avait pas moins de soixante-dix ans lorsqu'il donna la dernière de ses tragédies et l'une des plus belles, son T/iyeste ; Pacuvius en avait qua!re-vmgts lorsque Altius, alors âgé de trente ans, entra en lutte avec lui ^.

La tragédie n'absorba pas toute l'activité littéraire d'Attius. Donat*^ lui attribue quelques comédies, Macrobe' des Annales en vers, Gicéron% Aulu-Gelle *° et d'autres certains ouvrages didactiques, didascalica , pragmatica ,

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