‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 295 sur 513 · Epist. V, 3. — G. Eusèbe, Chron · texte numérisé non relu

Epist. V, 3. — G. Eusèbe, Chron

ATTIUS

fier que de ses vers épiques ou historiques, et de ses tragédies '.

Il avait eu de bonne heure la conscience et l'orgueil du talent. On l'a pu voir par ce qui a été raconté ^ de son entretien à Tarente avec le vieux Pacuvius. Il s'en est conservé d'autres témoignages. On lit chez Valère Maxime', que quand Jules César (était-ce, j'ai déjà parlé de ce doute^ le dictateur ou quelque personnage un peu plus ancien du même nom, G. Julius César Strabon par exemple, qu'on sait avoir fait des tragédies ?) que quand Jules César donc se rendait dans le Collège des poètes, Attius ne se levait pas à son approche, non qu'il méconnût en lui la supériorité du rang, mais parce que, dans un ordre de travaux qui leur était commun, il s'attribuait franchement celle du talent: il n'avait pas à craindre, dit l'auteur du récit, qu'on l'accusât d'insolence, attendu que dans un tel lieu c'était non d'images, mais d'ouvrages qu'on disputait. Qi'ict' ibi voluminum, non imaginum certamina exercebantur. On voit, d'autre part, chez Pline l'Ancien*, qu'Attius ne laissa point à d'autres le soin de consacrer sa statue dans le temple des Muses ^ ; et quelle statue! le vrai symbole d'une vanité trop ordinaire dans les lettres et dans les arts; une statue qui contrastait, par ses formes colossales, avec la réelle exiguïté de sa taille.

Au moins son talent était-il grand. Dans cette diversité de mérites départis selon Topinion des Romains « à leurs trois grands tragiques, mais qui nous frappe moins, nous autres modernes, que leur ressemblance, sa part était belle. Ennius avait excellé par la gravité sentencieuse, le mouvement pathétique et le naturel de l'expression ; Pacuvius, par

1. Cic. De Leg. II, 21 ; Brut, xxvm ; Pro Arch. x; Val. Max. VIII,

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