‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 30 sur 513 · Cf. Lucret. De Nat. rer. II, 7, sqq · texte numérisé non relu

Cf. Lucret. De Nat. rer. II, 7, sqq

X Cf. CatulL Carm., LXIV, 9, 10.

Tali te vellem, juvenum doctissime, ritu, Purpureos inter soles et candida lunae Sidéra, caeruleis orbem pulsantia bigis, Naturae rerum magnis intexere chartis; iEternum Sophiae conjunctum carminé nomen Nostra tuum senibus ïoqueretur pagina seclis*. Sed quoniam ad tantas nunc primum nascimur artes, Nunc primum teneros firmamus robore nervos; Haec tamen interea, quas possumus, in quibus sévi Prima rudimenta et primos exegimus annos, Adcipe dona, meo multum vigilata labore, Et pragmissa tuis non magna exordia rébus.

Ce morceau est le commencement d'un poëme intitulé CiriSy qui s'est trouvé dans les manuscrits de Virgile, qui a passé de là dans ses éditions, mais qu'on a, non sans raison, revendiqué pour d'autres, par exemple, pour Cornélius Gallus. Quoi qu'on en doive croire, les sentiments d'admiration et d'émulation à l'égard du poème De la Nature^ dont vous venez d'entendre l'expression passionnée, étaient bien ceux de Virgile. Nulle destinée littéraire, assurément, ne devait faire envie à l'auteur des Bucoliques et des Géorgiques, à l'auteur de VÉnéide. Et cependant il n'est aucun de ces ouvrages où il n'ait comme consigné le regret de n'avoir pu, lui aussi, ainsi que Lucrèce, élever un grand monument poétique à la nature et à la science.

Puissent, dit il, les Muses, qui me sont douces avant toutes choses, les Muses à qui je sacrifie le cœur atteint d'un grand amour, m'accueillir avec bonté ! Qu'elles m'enseignent les routes des astres dans les cieux; d'où viennent les défaillances, les obscurcissements du soleil et de la lune; ce qui fait trembler la terre; par quelle force secrète les mers se gonflent, rompent leurs digues et rentrent ensuite dans leurs limites; pourquoi les soleils d'hiver sont si pressés de se plonger dans rOcéan. ou quel obstacle retarde pendant l'été le retour des nuits. Mais si mon sang refroidi près de mon cœur m'interdit d'approcher de ces secrets de la nature, qu'au moins les champs me plaisent et ces eaux qui arrosent les vallées ! Les fleuves, les forêts, que je les aime obscurément ! Où sont-elles ces belles campagnes, et le Sperchius, et le ïaygète, où les vierges de

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