‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 303 sur 513 · Britannicus, ad. III, se. 8. - 2. Act I se · texte numérisé non relu

Britannicus, ad. III, se. 8. - 2. Act I se

p. 132, 313. Cette maxime se distingue d'une autre presoup iripnf'

rrluSe': ^'^''''"'"' '' '' P'°^'^'^"^^ ^^^-^"^ ''' ^^Sée par la

Fors dominatur, ncque vita ulli Propria in vitaest.

{Medea, fragm XVII. Non. ihid. 0. Ribbeck, p. ]61 318 ) 4. PrrsuhT, fragm.; Priscian. nemetrù cnm^O. Riîbeck p m 308

p. 1?G, 32o. Voyez plus haut, p. 142 et suivantes. «ii^DecK,

ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

ATTIUS

Celui-là nous touche, comme vraiment misérable, dont la noblesse anoblit la misère.

Nam hujusdemum miseret, cujus nobilitas miserias nobilitat*.

Le brave n'est point honoré par sa race, lui-môme en est l'honneur.

Non genus virum ornât, generi vir fortis loco*.

C'est l'homme qui pare le rang, non le rang qui pare rhomme.

Homo locum ornât, non hominem locus*.

Soyez approuvé des gens de bien, non de la foule.

Probis probatum potius quam mullis fore*.

Citons encore un passage qui montre qu'Attius ne s'est pas plus interdit qu'Ennius et Pacuvius de faire disserter ses personnages :

Ce que tu appelles obstination, Antiloque, js l'appelle fermeté et je veux y persévérer. Celle-ci appartient aux âmes fortes, celle-là au vulgaire grossier. Tu me prêtes ce qu'on blâme et m'enlèves ce qu'on estime. Dis que je suis ferme et prouve le, je m'y résignerai sans peine; mais obstiné, je ne veux point.

Tupertinaciam esse. Antiloche, hanc praedicas, Ego pervicaciam aio et ea me uti volo : Haec fortes sequilur, illam indocti possident. Tu addis quod vitio est, demis quod laudi datur : Nam pervicacem dici me et vincere Perfacile patior, pertinacem nil moror'.

Ainsi, dans les Myrmidons, en vain supplié par les Grecs, argumentait Achille, en philosophe de l'école, et

1. Telephus, fragm. VII.Non. v.^oî^i7i7are.O. Ribbeck, p. 184,308.

2. Diomedes, fragm. III. Non. : u Locum dacus significare vult Accius Diomede. . . » 0. Ribbeck, p. 144, 344.

3. Telephiis, fragm. incert. Charisius. 0. Ribbeck. p. 204, 308.

4. Epinausimache, fragm V. Non. v. Multi. 0. Ribbeck, p. 149.

5. l/yrm Jtione^, fragm. 1. Non. yy.Pervicacia, Pcrtinacia. 0. Ribbeck, p. 115, 303.

même, ce qu'étaiept aussi ces premiers ouvriers de la poésie latine, en grammairien.

En recherchant dans les fragments d'Attius les caractères généraux de sa poésie tragique, j'en rencontre encore un autre qui lui était commun avec ses deux devanciers, mais plus particulièrement avec Pacuvius : c'est le goût de la description, d'une description qui, chez lui aussi, n'était point sans recherche ambitieuse de traits brillants* sans surcharge de mots et de grands mots, un peu tendue! un peu gonflée, mais enfin vive et énergique. J'en ai cité plus haut un exemple remarquable, la peinture du premier vaisseau par un témoin ignorant de cette naissante merveille. On y peut joindre une autre peinture, fréquente dans la tragédie grecque, dans la tragédie latine, qu'y ramenaient certains sujets, celle de la tempête dont fut battue à son retour de Troie la flotte des Grecs. Gomme le morceau correspondant de Pacuvius, celui d'Attius a fourni, Servius le remarque, son contingent de circonstances caractéristiques à la célèbre tempête du premier livre de 1 Enéide :

Le maître des dieux, par d'épaisses ténèbres, nous enleva la vue du ciel.

roc^he^rs^°^^' sans pitié, nous poussent, nous brisent contre les

Deum regnator nocte cœca cœlum e conspectu abstulit. Flucti immisericordes jacere et tetra ad saxa adlidere».

Les détails ont de la vérité, l'expression de la force ; immisericordes est un de ces grands mots, chers à la vieille tragédie latine, mais un mot éloquent, pathétique. Là aussi, selon le même Servius, Virgile avait pu prendre quelque chose de son tableau d'Ajax foudroyé.

Sa poitrine frappée de la foudre offrait la trace des traits enllammés de Jupiter.

\. Chjtcemnestra {JE'jisthus), fragm. III. Servius in Mn. I, 88. Non V. Flucli. 0. Ribbeck. p. 117, 299.

180 ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

In pcctore Fulmeninchoatum* flammam oslôntabat J jvis*.

Qu'on me permette ici un parallèle indiqué par M. Ribbeck. Ce que la tempête d'Attius, et aussi celle de Pacuvius, pouvaient avoir d'enflure poétique n'était pas tout à fait étranger aux vers d'un mouvement lyrique, d'ailleurs n rapide, d'un effet tragique, si puissant, où Eschyle* a peint le même événement. Dans ces vers d'Eschyle, en e'.iet, le feu et l'eau, ces éléments ennemis, conspirent contre la flotte des Grecs ; cette flotte battue des vents est un troupeau dispersé dont la tempête est le pasteur; un dieu saisit le gouvernail du vaisseau d'Agamemnon que la fortune conservatrice conduit au port. Bien que se modelant de préférence sur Euripide, l'ancienne tragédie latine semble avoir mêlé à sa simplicité familière, rudement exprimée, quelque chose des audacieuses et gigantesques images d'Eschyle et de ces mots volumineux, démesurés, qui les traduisaient. Et toutefois les tempêtes de nos deux vieux poètes paraîtraient rendues d'un pinceau assez sobre, si on les comparait, comme aussi celle de Virgile, à limmense tirade oii l'auteur de l'^^flmemnon'' attribué à Sénèque s'est complu à développer en cent cinquante-trois vers, avec une puérile élégance et un singulier mélange de subtilité et d'emphase, ce qui dans les descriplions antérieures lui paraissait apparemment une simple matière d'amplification.

Le talent descriptif d'Attius semble s'être souvent et heureusement inspiré des spectacles de la mer et de ses rivages. Dans les fragments de ses Phinidœ^ se remarque la peinture d'un port naturel qui fait songer à

1 Inchoaiam flammam chez d'autres; incitatum chez Bothe.

2'. Serv. in jEn. I, 44. 0. Rihbeck, p. 118, 299.

Page 1