‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 304 sur 513 · Ribbeck, p · texte numérisé non relu

Ribbeck, p

ATTiUS.

celui où plus tard Virgile a abrité les vaisseaux d*Énée battus par la tempête*.

Là où se courbe le rivage, où semblent aboyer les vagues, poussant les vagues.... et en même temps, tout à l'enlour, éveillé diiis les rochers résonnants, un agréable écho répète le murmure de l'onde frémissante.

Hac ubi curvo litore latratu Unda sub undis labunda sonit*.

Simul et circum magna sonantibus, Excita saxis suavisona écho

Grepitu clangente cachinnat*.

N'omettons pas ce pittoresque vers de ses Bacchantes dont, comme on Fa remarqué*, Euripide ne lui avait pas fourni le modèle. On y voit, ainsi que dans la nature, se succéder sur les sommets du Githéron la lumière du soleil et l'ombre des nuages :

.... Splendet saepe, ast idem nimbis interdum nigret*.

Des vers qu'il ne faut pas non plus omettre, parce qu'ils témoignent plus que tous les autres peut-être du penchant d'Attius pour la description, ce sont les suivants, extraits de sa tragédie à!Œnomaûs :

Avaiit que l'aurore annonce les rayons brûlants du jour, quand le villageois appelle au travail ses bœuls endormis, pour aller dans la plaine rougissante fendre avec le soc la terre humide de rosée, retourner la glèbe amollie.

1. jEn. I, 159 sqq. — 2. Plilnidœ, fragm. I, II. Non. v. Sonit.

3. Non. V. Caclimnare. Apre AUius, Catulle [Carm. LXIV, 272) s'est servi de ce mol pour exprimer le murmure des flots :

.... leni résonant plangore cachinni.

Le Promélhce d'Eschyle (éd. Boisson, v. 89) ayilt dit :

Avyipi6[iov Y£),a(y[xa.

4. M.RibbecketM.Boissier, dans siihcsedrjà cit e, p. 108,160,173

5. Bacchr, fragm. XVIII. Non. v. Mrjrcl. 0. Rihbeck, p. 143, 337

1S2 ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

Forte • ante auroram , radiorum ardentiim indicem, Gum e somno in segetem agrestes cornutos cient, Ut rorulenlas terras ferro rufidas Proscindant, glebasque arvo ex molli exsuscitent *.

On a cherché bien vainement quelle avait pu être la place de cette peinture dans une tragédie, imitée soit de Sophocle, soit d'Euripide, où l'on voyait, comme sur le fronton du temple de Jupiter à Olympie', Pélops, conquérant par sa lutte contre Œnomaùs et la fraude du serviteur d "Œaomaûs, Myrlile, l'hymen d'Hippodamie. C'est pour nous un simple tableau complaisamment descriptif, à la manière des poètes bucoliques ou géorgiques, d'Hésiode, par exemple, lorsqu'il a dit :

A l'aurore appartient le tiers de l'ouvrage. L'aurore est le signal du départ, le signal du travail, l'aurore dont la lumière invite l'homme à se mettre en route, et le taureau à s'offrir au joug*.

Arrivons, chez Attius, à ce que nous avons considéré en finissant chez ses deux prédécesseurs, à ce que n'ont point ignoré ces poètes sentencieux et descriptifs et qui est proprement du drame, au langage de la passion. Attius surtout, que les anciens nous représentent comme doué de tant d'énergie, de chaleur, d'élévation, doit y avoir excellé.

Il semblerait naturel de citer d*abord, d'après Gicéron *, deux morceaux considérables traduits avec une grande force d'expression, l'un d'Eschyle, l'autre de Sophocle, la plainte de Prométhée sur le Caucase, la plainte d'Hercule mourant. Mais ils sont aujourd'hui reconnus, d'après les paroles de Gicéron lui-même, comme devant lui être res-

1. D'autres fer te. — 2. Non. v. Seges. 0. Ribbeck, p. 170, 332.

Page 1