Tuscul. U,S
ATTIUS
tltués. M. Ribbeck les a définitivement exclus du recueil des fragments d'Atlius où Bothe les avait maintenus. On ne doit pas laisser d'y voir un exemplaire curieux du ton de la tragédie latine au temps d' Attius. Gicéron, comme plus tard et avec moins de raison Pollion^ s'y est conlormé aux modèles tragiques qu'il connaissait, qu'il aimait, et, bien qu'en contemporain de Lucrèce il les ait dépassés par un certain progrès d'élégance, il est encore resté bien loin du style que paraît avoir eu la tragédie des Varius et des Ovide. Ses traductions forment une sorte d'anneau intermédiaire entre l'antique rudesse et la moderne élégance.
Ces deux morceaux écartés, où chercher de préférence, parmi les fragments d'Attius, des exemples de ce style fort, véhément, dont l'élan, dont l'essor atteignait, nous dit-on, aux grandes situations, aux grandes affections de la tragédie ? Dans cette œuvre où sa verve assez peu réç^lée, mais puissante, se déploya d'abord; qui paraît avoir frappé par un caractère de nouveauté hardie le public romain, et dont on se souvient* que le jeune poète vint étonner, à Tarente, les oreilles du vieux Pacuvius'. Les fragments assez nombreux, assez significatifs de son Atrée nous rendent quelque chose, non-seulement de la terrible fable, mais des caractères qu'elle mettait en jeu, des sentiments qui s'y exprimaient. Atrée, particulièrement, nous y apparaît avec son orgueil emporté, ses maximes tyrauniques (nous en avons cité une et la plus célèbre*), la constance de son ressentiment, les atroces raffinements de sa vengeance, l'exécrable ivresse de sa haine satisfaite. Gicéron ^ qui a souvent rappelé la pièce, y loue le langage de la colère, prompt, vil, coupé, acnUim^ incitatum^ crebro incidens , et n'en donne que quelques exemples, disant que presque tout V Atrée est ainsi, « et Atreus fere totus ».
1. Tacit. Dialop. deOrator. xxi. Cf, Quintilian./ns^ orat. I, viii, 11.