‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 307 sur 513 · Institut, orat. IX, iv, 140. — 4. Epist. ad Lucil. lxxx · texte numérisé non relu

Institut, orat. IX, iv, 140. — 4. Epist. ad Lucil. lxxx

5. Flutarch. Vit. Ciceron. vi. Cette anecdote ne s'accorde pas tout à fait avec ce quon lit dans les Tusculanes, IV, 25: « Num aut egisse unquam iratum iEsopura^an scripsisse iratuni Attium? »

ATTIUS. 185

.... Quod re in summa summum esse arbitrer Periclum, matres conquinari regias, Contaminari stirpem ac misceri genus.

Adde hue, quod mihi portento cœlestum pater Prodigium misit, regni stai-ilimen mei, Agnum inter pecudes aurea clarum coma Quondam Thyestem clepere esse ausum e regia. Qua in re adjutricem conjugem cej it sibi '.

Dans d'autres vers d'une très-forte expression, Atrée se disant provoqué, s'excitait à la vengeance et pressentait sou forfait :

Une seconde fois Thyeste ose s'attaquera Atrée; une seconde fois il me provoq e; il vient réveiller mon courroux endoimi ! Eh bien ! il faut que ma vengeance invente, combine de plus grands maux pour accabler, pour briser son cœur barbare.

Iterum Thyestes Atreum adlractatum advenit, Iterum jam adgreditur me et quietum exsuscitat : Major mihi moles, majus iiiiscendu' st ma!um. Qui illius acerbum cor contundam et comprimam*.

Enfin, le forfait consommé, voici par quelles terribles et affreuses paroles il le révélait à Thyeste :

Tes fils ! leur père lui-même est leur tombeau.

Natis sepulcro ipse est parens*.

La suite des fragments fait entre ^^oir qu'avec l'emportement furieux, l'au lace criminelle d'Atrée, contractait, dans le rôle de Thyeste, l'expression de l'abattement, de la défiance, de la douleur, de l'indignation. Aux offres trompeuses de son frère, je m'imagine, il répondait :

1. Cic.de Nat.Deor. 111,26; Non. v. CZ^pere. 0. Ribbeck, p. 137,334.

2. Ciij. De Orat. 111, 58, trad. de Th. Gaillard; Tuscul. IV, 36 ; De Nat. Dfor. ill, 26. 0. Ribbeck, p. 136, 334.

3. Cic. de Offic. I, 28. 0. Ribbeck, p. 139, 334. Peut-être ce trait avait-il été inspiré par le souvenir d'un vers d'Ennius que j'ai eu occasion, précédemment (Voyez plus haut, p. 68], de rapporter et de compaier à quelques passages où s'est reproduite, avec un goût plus ou moins hasarde, une si audacieuse figure, hlle n'est nulle part aussi à sa place et, si on peut le dire, aussi naturelle que dans l'exclamation de l'Atrée d'Attius.

ANCIENNE TRAGÉDIE LATINE

Moi, j'aurais part au gouvernement des Argiens! On daignerait m'admettre dans la maison de Pélops ! Où me montreraisje? Dans quel temple oserais-je entrer? Qui écouterait les paroles sorties d'une bouche souillée?

Egone Argivum imperium attingam aut Pelopis digner domo? Ouo me ostendam? Quod templum adeam? quem ore funtsto ^ [alloquar»?

Il disait, s'effrayant à trop juste titre, du festin auquel on le conviait :

Que personne n'ose s'asseoir à la table d'un tyran et partager son repas!

Ne cum tyranno quisquam epulandigralia Accumbat mensam aut eamdem vescatur dapem *.

Instruit de son sort, il s*écriait :

Un frère a pu m'inviter, malheureux, à dévorer de mes dents mes enfants.

Ipsus hortatur me frater, ut meos malis miser Manderem natos'.

Enfin entre les deux frères s'échangeaient, dans ce terrible moment, de vives répliques, comme celles-ci :

Tu as violé ta foi. — Non, je n'ai donné ni ne donne ma foi à qui est sans foi.

Fregisti fidem. — Neque dedi neque do infideli cuiquam*.

Ici encore est entraînée et dérobée dans le mouvement du dialogue une maxime dont Gicéron relève la portée immorale, louant toutefois le poëte d'avoir comme obéi k son personnage en la lui prêtant. On ne peut méconnaître dans ces débris de tragédie, que cherche à rajuster la conjecture, des mérites vraiment dramatiques.

Page 1