Cic. De Offic. III, 28, 21). 0. Ribbeck, p
ATTIUS
Si les fragments, assez nombreux eux-mêmes, du Phiioctete d'Attius ne nous donnent pas une idée bien claire de la pièce imitée par lui, moins de Sophocle que d'Eschyle, ou, selon M. Ribbeck, d*Euripide, du moins nous révèlent-ils, par quelques traits énergiques, de quel pinceau le poëte avait peint l'âpre désert de Lemnos, la vie sauvage qu'y mène loin des humains, depuis dix années, le guerrier abandonné par les Grecs, ses mœurs farouches, son aspect sauvage, les douleurs sans fin dont le torture son inguérissable plaie, sa constance à souffrir, et, par moments, les accès de son désespoir. On l'y entend qui dit avec une juste fierté ;
Contemple la demeure, où couché sur le roc, j'ai passé neuf hivers.
Contempla hanc sedem, in qua ego novem hiemes saxo stratus
[pe^tuli^
et qui, ailleurs, s'écrie tout éperdu :
Oh ! qui du sommet de ces rochers me précipitera dans les flots amers? C'en est fait, je péris; ma vie succombe à la violence de mon mal, à l'ardeur de ma plaie.
Heu ! qui saisis fluclibus mandet Me ex sublimi vertice saxi ?
Jamjam absumor : confîcit animam Vis vulneris, ulceris aestus*.
Et le rapprochement de quelques débris fait apparaître à notre imagination, sous la forme que lui avait donnée le vieux poëte latin, une de ces figures où l'art grec mêlait avec tant de vérité l'héroïsme et la faiblesse humaine.
Dans V Arr)iorum judicium, reprenant un sujet souvent traité chez les Grecs par leurs poètes, leurs rhéteurs, leurs artistes, et porté, assez récemment, sur la scène latine par Pâcuvius, Attius avait trouvé pour les deux concurrents à