Non. V. Sonere pro sonare
ANCIENNE THAGEDIS LATINE.
téraire, de Tauleiir des Annales. Nous avons quelques-uns des vers par lesquels Ennius lui faisait annoncer, avant Attii s, son héroïque sacrifice :
0 dieux, écoutez moi; je vous atteste que je vais, en combattant avec courap^e pour le peuple romain, laisser volontairement ment ma vie s'échapper de ce corps.
Divi hoc audite parumper, Ut pro Romano populo progriariter armis Geriando prudensanimam de corpore niitto*.
On a quelquefois regretté que la tragédie latine n'ait pu, comme la tragédie grecque, demander ses sujets à des é[)0pées Ltiionales. Ce regret est sans fondement, on le voit, à regard du Deciiis, nous pouvons ajouter du Brutus, du Paulus, des autres fables prétextes. Comme chez les Grec?, l'ordre naturel du développement littéraire les a fait sortir elles-mêmes, malheureusement en Lien petit nombre, de la poésie épique.
Des contemporains d'Attius ont pu, comme César Strabon, C. Titius* et autres, faire des tragédies; mais il n'a pas eu de rivaux et l'on peut ajouter qu'il n'a pas eu de successeurs. En ce sens, Velléius Patercuius pouvait se croire autorisé à dire^que dans le seul Aitius était toute la tragédie latine. Plus tard, quand elle se polit par le travail savant des Pollion et surtout des Varius et des Ovide, la .'■cène appartenait aux pantomimes; elle se réduisit au rôle d'élégant et noble passe-temps des cercles lettrés. Vinrent des règnes tyranniques sous lesquels elle devint, pour Séuèque par exemple, et Curialius Maternus*, le cadre d'éloquentes déclamations morales et politiques, une sorte de pamphlet d'opposition. Les temps d'Ennius, de Pacuvius, d'Atiius sont ceux de son existence véritablement dramatique. Lb progrès de la langue, de l'art des vers et du goût, n'a pas permis qu'elle laissât après elle des monuments; mais son