‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 33 sur 513 · De Nat, rer.^ II, 352, sqq · texte numérisé non relu

De Nat, rer.^ II, 352, sqq

marqué, et vous ace pterez, comme supplément, les vers, plus voisins du texte, de i habile traducteur de Lucrèce, M. de Pongerville.

Quand d'un jeune taureau frappé sur les autels Le sang bouillonne et fume aux pieds des immortels, Celle qui Tenfanta, qui déjà n'est plus mère, S'échappe, fuit, parcourt la forêt solitaire, Promène lentement son regard éperdu, Réclame à chaque objet le fils qu'elle a perdu : Les torrents, les rochers, nul lieu ne l'intimide. Elle imprime ses pas sur la campagne humide; Soudain elle s'arrête, et son cri douloureux, Lugubre, retentit dans les bois ténébreux : Souvent elle retourne à l'étable déserte. Semble l'interroger, lui raconter sa perte; Le fleuve accoutumé, l'herbe épaisse, les fleurs. Rien ne parle à ses goûts, ne distrait ses douleurs.

Horace n'a pas moins dû que Virgile k Lucrèce. Le souvenir toujours présent du poëme De la Nature se montre chez lui, à tout instant, par des emprunts de détail dont il n'a pas toujours pris le soin d'eflacer la trace, auxquels même quelquefois il a conservé l'appareDce d'une allusion, d'une citation. On lui a reproché de n'avoir nulle part nommé Lucrèce dans ces pièces où se rencontrent, comme dans une histoire littéraire, les noms de presque tous les poètes célèbres dont Rome pouvait s'honorer. Mais, de même que Virgile Ta fait nommer par ses lecteurs, lorsqu'il a dit (je vous ai tout à l'heure traduit le passage) :

Félix qui potuit rerum cognoscere causas Atque metus omnes et inexorabile fatum Subjecit pedibus, strepitumque Acheronis avari',

de même Horace l'a désigné comme son maître dès ses premières productions. C'est dans son Voyage à Brindes , à l'occasion d'une merveille absurde rencontrée sur son

chemin et qu'il lui répugne d'attribuer aux dieux, aux dieux d'Épicure particulièrement, sans action sur ce monde, et, dans leur profonde quiétude, indifférents à ce qui s'y passe.

Le Juif Apella le croir.i s'il veut, dit-il, mais non pas moi. Je sais trop bien, on me l'a appris, que les dieux passent leur temps au sein d'un continuel repos'.

On me Va appris ne peut s'entendre que de Lucrèce dont il répète textuellement' les paroles :

Gredat Judœus Apel'a, Non ego; namque Deos didici securum agere aevum.

Ce qui suit n'est plus de Lucrèce, mais d'Horace luimême, qui commente gaiement, comme il convient dans une pièce enjouée, la théologie du poëme De la Nature,

Je sais trop bien que, s'il se produit dans Tordre de la nature quelque merveille, les dieux ne prennent pas la peine de nous l'envoyer de cet étage élevé du ciel où ils habitent.

Nec si quid miri faciat natura, Deos id Tristes ex alto cœli demittere tecto.

Plus tard Horace, ramené par le spectacle de certains phénomènes sensibles, de certaines révolutions politiques, à de meilleures idées sur les dieux, a renié cette théologie trop voisine de l'athéisme, la traitant de folle sagesse :

Insanientis dum sapientiae Consultus erro *

Il semble aussi que quelques-unes de ses odes contiennent le désaveu de ce qu'il avait affirmé ailleurs, d'après l'éloquent interprète d'Épicure, sur la nature mortelle de Tâme et la vanité des craintes ou des espérances qui regardent une autre vie :

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