‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 331 sur 513 · Ilist. VII, II. — 5. Il, IV · texte numérisé non relu

Ilist. VII, II. — 5. Il, IV

LES ATELLANES ET LES MIMES

voulait dire Mélange *. le nom de satura. Voilà ce que l'on sait, et ce que raconte à son tour M. Meyer du second âge de la primiiive comédie latine. Ge n'est pas assez non plus pour bien comprendre ce qu'elle était alors, d'autant plus (,ue des expressions de Tite-Live*et de Vclère Maxime' on peut conclure qu'il lui manquait encore ce qui constitue principalement le drame, c'est-à-dire l'unité du sujet. Elle le devait y arriver, elle qui avait déjà tant d'obligations à Fescennie et aux Étrusques, que par un troisième emprunt, dans les pièces imitées du théâtre grec, à dater de l'an de Rome 512, par le Tarentin Livius AnJroaicus.

Devenue si péniblement un art, c'est le mot dont se sert Tite-Live*, la comédie latine pa^sa, des libres acteurs qui d'abord l'avaient improvisée, à des comédiens réguliers appelés, d'un mot toscan, histrions. Toutefois la jeunesse romaine ne renonça pas longtemps à ces dialogues fescennins, à ces satires où elle s'était, pendant des siècles, égayée; elle les rapporta au théâtre, où ils devinrent, sous le nom d'exodia, une sorte d'intermède, de petite pièce, qui finit par se confondre avec un genre d'ouvrages boutfons que, peut-être par esprit de réaction contre le drame classique des Grecs «^j on était allé chercher non loin de la patrie de Livius Andronicus, dans la Gampanie, avec les alellanes.

Je dis « qui finit par se confondre, » et je traduis ainsi, d'après bon nombre d'autorités, l'expression, d'ailleurs nssez obscure encore, de Tite-Live : Quœ inde exodia postca oppellata conserlaque fabcllis polissimum atellanis sunl.

1. Acr. Porphjr. in Horat. Sat. I, i ; Varr. Flautin. quast. II, an. Diomèd. m. Cf. Lucil. ^rafif/n. I, 9. '^

2. " Livius, post aliquoi annos, qui ab saturis ausus est primus argumento fal)U'.ara !-erere.... »

3. « Paulatim deinde ludicra ars ad satyrarum rnodos perrensit a •quibus, pnmus omnium, poeta Livius ad fabularum argumenta snectant:um aniraos translulit. » ^

4. « Postquam lege liac fabul.irum :\h risu ac soluto joco res avocabatur, et indus in arte n paulatim veiterat.... »

5. Voy. Aï. Magnin, ouvrage et endroits cités; il cherche à y fixer par des conjectures d'une grande vraisemblance les causes, la date, 1 auteur nième de l'introduct-on des a'.enanos.

PO-iEIK ! ATINB. n |4

ANCIENN^: COMEDIE LATINE.

Tite-Live ajoutant que les atell-anes furent jouées, à l'exclusion des coiuêtiiens de profession, par les jeunes Romains*, que ne dégradait point le partage de la scène avec les interprètes serviles des Euripide et des Ménandre latins , je no puis comprendre comment ces exodia conscrta fabellis potissimum altllanis auraient été quelque chose de distinct des alellancrs, qu'on y aurait Joi/i/, inlercalé, ainsi que le veut M. IMeyer* L'argument spécieux qu'il lire du mot polisshnuin , lequel semble dire en effet que les exodia avaient été rattacliés aussi à d'autres sortes de pièces, ne suffit pas pour me convaincre que, dans une même représentation et par les mêmes acteurs, « étaient réunis, ^ans se confondre, » l'exode et l'atellane. J'aime mieux me ranger à l'opinion commune, que l'antique satire en vint à ne faire qu'un avec l'atellane, sa forme définitive, et qu'elle continua ainsi, sous le nom d'exode, à délasser, par les improvisations boutîonnes de ses libres acteurs, des impressions plus sérieuses de la tragédie et de la comédie régulières. Je remarque, en ellet, que, chez les auteurs, ce nom d'exode ne s'applique pas seulement à la satire, mais à l'atellane. C'est bien de l'atellane que parie Juvénal (la suite le fait voir) dans ce vers :

Tandemque redit ad pulpita notum Exodium*.

Au reste, le système qui distingue l'exode de l'atellane n'est pMs nouveau. Dacier, entre autres, y était arrivé par une conciliation bizarre du passage de Tite-Live avec cet autre d'Horace :

Neu quicumque deus, quicumque adhibebitur héros, Regali conspectus in auro nuper et obtro,

1. «Ouod geiius ludorum ab Oscis acceptum lenuit juventus, nec ab hist^innibiis pollui pas^a est. »

2. P. 14, 15. Dans la page 48, M. Meyer semble se rapprocher de l'autre opinion, lorsuu'il dit : «Ce T/icVanj/e primitif du libre désordre de la satyre et du thème dramatique emprunté aux Osques, qui avait pris le nom d'Atellanes.... »

/ 3. Sat. III, 175; cf. VI, 71.

• LES ATELLANES ET LES MIMES

Migret in obscuras humili sermone tabernas'.

Selon lui, après la tragédie venait Tatellane, après l'atellane l'exode, et dans les trois ouvrages se montraient les mêmes personnages, les mêmes acteurs, de plus en plus compromis et dégradés par la folie croissante du spectacle. C'est là un roman de critique bien peu vraisemblable. Que parfois l'atellane, venant après la îragédie, en ait tourné en ridicule les héros, cela est possible. C'est ce qu'avait fait en certains cas, chrz les Grecs, le drame satyrique, du(fuel on a quelquefois rapprocha l'atellane. Mais cela n'a pu être qu'im accident, et non un usage. En outre, comment concevoir qu'il y eûî, au-dessous de l'atellane, quelfjue chose, l'exode, où pût se compléter, par une aggravation de ridicule, l'humiliation graduelle du personnage tragique ?

Mais qu'était l'atellane en elle-même? Nous ne le savons encore que d'une manière générale et vague. Les auteurs nous la donnent comme un canevas comique, livré aux improvisations d'une gaieté licencieuse de personnages au caractère, an costume, au masque invariables, tels que le Maccus, le Bucco, le Ca^nar, en latin le Pappus % et d'autres encore. On entrevoit dans leurs définitions un genre de pièces assez semblables k certaines farces de l'Italie moderne et qui leur ont lé^mé peut-être, avec leur dialogue impromptu, qufdques-uns de leurs acteurs. Mais que de questions nouvelles à faire et qui restent nécessairement sans réponses, je veux dire sans réponses propres à ne laisser aucun doute, à fermer pour toujours la carrière on se joue savamment, ingénieusement la conjecture! Quels étaient au juste la matière, la disposition, le tonde ces ouvrages? Tout cela se modiHa-t-il en quelque chose lorsqu'ils passèrent des trélaux d'Atella au théâtre de Rome? Gontinua-t-on, par exemple, d'y parler la langue osque en tout ou en partie? Y restreignit-on la licence ordurière et obscène de la plaisanterie campaniennc ?

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