Non v. Tricœ; Arnob , Adv. gent, etc
ANCIENNE COMÉDIE LATJNE.
d'élégance, de délicatesse, de sérieux, dont j'ai parlé plus haut, peut-être même quelquefois, comme les mimes, des attaques satiriques d'une portée inattendue.
L'atellane, en eiïet, nous olîre quelque chose d'absolument nouveau dans l'histoire de la comédie latine, la peinture de la vie politique à laquelle Névius n'avait pis touché impunément, et dont s'étaient eux-mêmes soigneusement gardés, à l'abri du costume gre^. Piaule, Cécile, T.'rence, tous les poètes de la fabula palliata Nous pouvions bien soupçonner qu'elle n'avait pas manqué à la fabula tognta, qui, csant aborder direc'eraent, sans respect de sa toge, la société romaine, pénétrant même dans. le sanctuaire si longtemps interdit de la famille, s'attaquant à des désordres domestiques jusque-là inconnus ou respectés, avait du, par un progrès natuiel, s'émanciper jusqu'à ne plus s'abstenir des ridicuîes et des vices qui se produisaient aux comices , au forum, au sénat. Ce n'était toutefois qu'un soupçon que nous aurions été heureux de pouvoir apjjuyer de quelques preuves. Quant à l'atellane, les fragments de Pomponius et de Novius sont là pour nous apprendre, pour nous permettre d'affirmer, qu'elle s'était arrogé le droit de donner à la vie politique elle-même une place dans ses tableaux.
Gomment expliquer celte hardiesse sur laquelle M. Meyer*, à l'exemple de quelques-uns de ses devanciers, aurait pu insister un peu p us? Par les progrès de la puissance démocratique, amie des licences comiques et s'en faisant un instrument de vengeance et d'attaque contre les hautes classes de la société; par Ja condition libre des acteurs primitifs de l'atellane, plus inviolables que Tes comédiens de profession, à qui on était obligé dé permettre davantage; par l'humilité même du genre, qui pouvait faire regarder ses saillies comme sans conséquence; par le caractère détourné de censures qui ne i-orlaient, en appa- .rencp, que sur les ridicules politiques des petites villes, de la province, de sorte que Home pouvait se croire fort désintéressée dans l'affaire, et que, si elle se fût fâchée, l'atel-
LES ATELLANFS ET LES MIMES
lane eût pu dire, jouant la bonhomie, comme notre Ghry-
sale :
C'est à vous que je parle, ma sœur.
Plusieurs passages des satiriques latins, ces héritiers de la comédie latine, qui en offrent quelquefois le commentaire et le supplément, peuvent donner une idée des peintures où ratellane traduisait en ridicule les mœuîs politi- (jues, sinon de Rome elle-même, du moins des colonies, des municipes, des préfectures «Jans l'Italie et les provinces. Quand Horace*, Perse ^, Juvénal * mettent gaiement en scène les pouvoirs^ comme ils les aopellent, de Fundi, d'Aretium, de Fidenes, de G-abies, d'Uiubre; ce préteur de petite ville, qui se donne, en présence de Mécène et d'autres grands personnages, de grands airs sous t^a. prétexte et son laliclave; ces édiles, plus modestement vêtus, en lambeaux, mais fort contents d'eux, qui se rengorgent qui se croient quelque chose, et exercent magistr.ilement leur juridiction, dans des marchés dé>erts, sur les fausses mesures, ils font de l'atellane politique, comme ils ont fait ailleurs, traduisant, répétant quelques paroles de Ménandre ou de Térence, de la fabula palliala\
Dans une pièce intitulée Cretula vel Pctllor^, dans un liœrcs petilor^, Pomponius s'était moqué de ce que Perse a appelé éloquemment crelata ambilio\ du personnage dont a parlé Hcr^ce ",
Hic generosior Descendat in campum petitor^,