IX
ANCIENNE COMÉDIE LATINE
part de ses rogatons : «Ehl j'ai aussi mes parasites*. » C'est ce dont témoigne aussi, pour les plus hauts, ce dialogue d'Alexis, rapporté par Athénée ' parmi beaucoup d'autres citations charmantes qui, du naufrage de la Comédie moyenne, de la Comédie nouvelle , ont presque sauvé le rôle du parasite.
Il y a, Nausinicus, deux sortes de parasites ; l'une vulgaire, commune, celle des comédies, la nôtre, gens obscurs, histrions aux noirs hibits, que nous sommes. — Et l'autre?— Oh ! ce sont des gens à part, des parasites d'importance, des comédiens de la vie qui y jouent un t:rand rôle ; leur orgueilleux sourcil témoigne de leurs mille tahnts, dé "leur fortune qui toujours s'arrondit. Tu sais ce que c'est, tu les connais? — Sans doute : ces parasites dont tu paries sont des satrapes, des généraux*. —Des deux parts, c'est môme but, même travail, un assaut de flatterie. Mais quoi? Il en va dans notre profession comme dans la vie : la fortune y fait des grands et des petits; les uns nagent dans l'opulence et les autres mendient....
Le piquant traité de Lucien De ceux qui entrent au service des grands j comme traduisait d'Ablancourt^ son dialogue sur l'art du parasite^ , feraient suivre assez loin l'histoire du parasitisme, dans la société grec((ue et même dans la société romaine. Pour cette dernière d'ailleurs les témoignages ne manquent point. M. Meyer a emprunté, par exemple, à Horace, lequel l'avait emprunté à Lucilius, le nom d'un parasite romain qu'a illustré la satire, de ce Ménius qui, après avoir bravement consumé l'héritage de sa mère et de son père, était devenu un plaisant, un boutïbn à l'existence vagabonde, sans râtelier fixe, tirant ce qu'il pouvait des complaisants de ses vices ou des gens timides qu'effrayait sa méchanceté; railleur redoutable, dont les bons mots ne ménageaient personne, et qui, k jeun, ne faisait point de différence entre un concitoyen et