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PLAUTE ET TERENCE
un étranger, tempête déchaînée sur le marché, gouff're sans fond où il allait s'engloutir*.
Ce portrait est précieux à recueillir; il est emprunté aux réalités du monde, et cependant conforme aux exagérations du théâtre. On y apprend^ au sujet d'un homme qui avait été à peu près contemporain du Gnalhon de Térence, ce qu'on peut aussi apprendre de ce personnage comique*, comment l'o/c^re des parasites, des vrais parasites, les originaux de ceux de la scène, se recrutait en partie d'anciens riches ruinés par leurs vices.
Horace nous parle ailleurs^ des parasites de sa médiocrité, Muivius et d'autres qu'il ne nomme point; il nous les peint, comme dans une scène de comédie, qui se retirent de fort mauvaise humeur quand, au moment du repas, une invitation imprévue de Mécène l'appelle lui-même à cette table qu'Auguste, disputant à son ministre la possession du poëte, a appelée d'un nom bien dur : Véniel ergo ah ista parasitica mensa ad hanc regiani''. Mais Horace, qui a porté dans son commerce avec les grands tant de délicatesse, qui a même enseigné l'art de se ménager auprès d'eux sans se dégrader, sans s'avilir ^, Horace n'accepte pas ce nom de parasite; il se dit le convive, le commensal, Tami de Mécène, conviva ^ convictor'^, amicus^j et il en a le droit : ces noms ne lui ont-ils pas été donnés par Auguste lui-n,ême dans des lettres que rapportent à son trèsgrand honneur ses biographes anciens? Je sais gré à M. Meyer d'avoir fait, au sujet d'Horace, ces distinctions; mais je lui en veux de ne les avoir point é;endues® à Ennius et à Térence. Qu'il remplace ces poètes honnêtes gens par un Vérannius, un Fabullus, que Catulle, leur ami, plaint si fort d'être exclus par d'autres de la table somptueuse de Pison, réduits à chercher des invitations dans les carrefours ;
1. Hor. Epht., I, XV, 26 sqq. — 2. Tarent., Eunuch., II, ir, 2 sqq.