‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 360 sur 513 · Rotrou, Les Captifs, III, i. — 4. Cic. De Amicit., xxvi · texte numérisé non relu

Rotrou, Les Captifs, III, i. — 4. Cic. De Amicit., xxvi

PLAUTE ET TÉRENCE

Le militaire fanfaron a son histoire qu'on peut lire, je l'ai déjà dit*, dans un savant et agréable chapitre de Boettiger*, j'ajouterai dans une des ingénieuses préfaces de M. Naudet*. Ce personnage se montra chez les Grecs dans la société, et ensuite sur le théâtre, à l'époque où le service militaire cessa d'être une des obligations, des prérogatives attachées au titre de citoyen, où l'on se reposa de la défense da pays sur des mains mercenaires, où les çois de Macédoine, les monarques asiatiques, successeurs d'Alexandre, commencèrent à tirer de Grèce des chefs d'aventuriers, des capitaines de compagnies soldées, des espèces de condoh tieri, qui, ayant fait fortune à la guerre, venaient dans quelque ville de luxe et de plaisir comme Corinthe, comme Athènes, dépenser leur argent avec des parasites et des courtisanes; gens brutaux, qui révoltaient le public par leurs prodigalités, leurs dérèglements, en même temps qu'on s'amusait de leur sottise confiante, de leurs disgrâces chèrement payées, quelquefois même de la poltronnerie qui se cachait sous leur jactance, qui démentait le pompeux récit de leurs lointains et imaginaires exploits. La comédie s'empara de ce personnage ridicule, l'exagéra jusqu'à la caricature, en fit un nouvel idéal grotesque; non pas la comédie ancienne, au temps de laquelle il était inconnu, mais la comédie nouvelle, devant laquelle il posait. Les militaires fanfarons de Ménandre, de Philémon, de Diphile, a'Apollodore, de tous les poètes de cette école, n'étaient jamais des Athéniens, mais des étrangers, Éto- Hens, Ao£^rnaniens, Thessaliens et autres. A plus forte raison, transportés sur la scène romaine, avec des traits dont Texagération extravagante et bouffonne alla toujours croissant, ne furent ils pas, dans l'intention des auteurs, comme les autres personnages, des Romains. Ce rôle, complètement exotique, ne retrouvait point de modèles à Rome, mais il y plaisait précisément par son contraste avec les mœurs de cette cité belliqueuse, où la guerre était la voca-

1. Voyez plus haut, p. 225. — 2. Opusc. Dresde, 1837, p. 266. 3. Préf. de la trad. du Miles gloriosus de Plaute.

ANCIENNE COMEDIE LATINE

PLAUTE ET TERENCE

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lion commune, l'occupation habituelle, la valeur une vertu de tous les jours, où les faux braves devaient être à peu près inconnus. Quand M. Meyer, qui, k l'occasion des parasites, a dû parler de leurs patrons ordinaires, des militaires fanfarons \ a supposé que le Gléomaque *, le Thérapontipione^, le Pyrgopolinice * de Piaule, par exemple, pouvaient repre'senler en quelque chcse les hommes revenus des guerres puniques, il a émis une opinion bien hasardée , et contre laquelle ont réclamé d'avance , assez vivement, dans les écrits que j'ai précédemment rappelés, Boettiger et M. î^audet.

Ces traits généraux de la comédie de Plaute, on les retrouve en partie dans ce qui reste du théâtre de Gécilius, son contemporain et l'introducteur de Térence, ce poète dont Horace a loué la force comique ^ et qu'on a placé" en tête des comiques laiins; on les retrouve chez tous les représentants plus ou moins célèbres de la Fabula palliata, dont il reste quelque vestige; mais ils se rencontrent plus particulièrement chez Térence, qui partage avec Piaute l'honneur de nous avoir légué des monuments entiers de son génie dramatique.

Ils y reparaissent, mais avec des changements que M. Meyer s'est attaché à marquer, et dpnt il a tiré des conséquences trop défavorables, je l'ai déjà dit \ à la vérité et au comique de Térence. Indiquons-en quelques-uns.

Le militaire fanfaron n'est plus chez lui qu'un sot fort vain, qui veut s'en faire accroire, mais dont la jactance n'excède pas les limites du vraisemblable. Quant au para, site, ce n'est plus le personnage famélique, glouton, baffoué et battu, tant de fois reproduit chez Plaute, c'est ur homme ami du plaisir et de la bonne chère, qui répare chez les autres, au prix de la flatterie, les disgrâces de la fortune. Gnathon , c'est simplement le flatteur, comme

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