‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 362 sur 513 · Eumich., II, II, 1 sqq.; III, l, 1 sqq · texte numérisé non relu

Eumich., II, II, 1 sqq.; III, l, 1 sqq

là-dessus que les honteuses, les hideuses exceptions du vice : des fils qui supputent les années de leurs pères et trouvent qu'ils vivent bien longtemps ; qui mettent toute leur industrie à les rançonner, à les piller, pour satisfaire à de folles profusions; qui les livrent sans respect, sans pitié, à la risée de leurs maîtresses et de leurs serviteurs, d'esclaves et de prostituées; d'autre part, des pères tout à fait dignes de ce mépris, indifférents à rhonnêteté de leurs enfants qu'ils corrompent par leurs exemples, se proclamant effrontément leurs rivaux d'amour, leurs compagnons de débauche, leur disputant, partageant avec eux de viles créatures, leur tenant compagnie dans de mauvais lieux. Voilà les hideux tableaux reproduits avec une gaieté vengeresse par Plaute, et dont il nous dit qu'il avait trouvé le modèle dans la société de son temps. Térence en a détourné ses regards, et sa main plus timide a tracé, au contraire, la peinture consolante de la jeunesse qui écoule avec respect, reconnaissance, repentir, tout au moins réserve et modestie, la vieillesse qui la reprend et la conseille; la peinture de la vieillesse qui, forte de son expérience, s'appHque à modérer, à régler les passions du jeune âge, à les retenir sur cette pente glissaute qui les entraîne vers le vice : peinture d'un intérêt touchant auquel se mêlQ quelque gaieté, quand la fougue de l'âge, aidée par de mauvais conseils et une perverse industrie, vient déconcerter les bonnes résolutions des jeunes gens ou les plans d'éducation des vieillards.

Combien cela diffère des tableaux d'intérieur tracés par Piaule! Est-ce que, dans les vingt années qui les ont séparés, il s'était opéré à Rome une grande révolution mo- ' .^ale? C'est plutôt que Térence n'était guère porté à reproduire de préférence les mauvais côtés de la nature humaine; que, négligeant nos vices, dont Plaute avait fait hardiment le puissant ressort de son comique, il aimait mieux s'occuper de nos passions, de nos faiblesses, qui sont un objet d'intérêt encore plus que de gaieté.

ANCIENNE COMÉDIE LATINE. - CONTEMronAIXS ET SUCCPSSFl-RS DF ATELLANES. — MIMES.

^sis,r;,',;,'v,ïss;'.;r.î.ti;a"iii,i" •••. w..™.

La comédie latine est pour nous tout entière dans Plaute

eurs, dans d assez nombreuses g.inéralions de r,oéle<î car esquels, pendant deux siècles, Rome avait vu Lu rVar comique : le grand art, celui oui relevait, avec plus ou moins d'indépendance, de l'imitation grecque, dans la ^1 ,T ^«/a • celu, qu,, avec plus de hardiesse, s'inspira dfre^temen des moeurs de la société, dans la fabula togatàvavt familier, aux peintures duquel suffisait le cadre dTa/j.;»

tre^rii'^ '■>"'?'' ""^ P'"^ i^P-v-séercot/fau. 11 n est reste de tout ce théâtre que des noms d'auteur, des litres de pièces et des fragments moms propres encore'

aeviner J ensemble de la composition, mais qui peuvent du moins, par certains détails, nous en révéler ie^mS

260 ANCIENNE COMÉDIE LATINE

littéraire, le ton général, et même quelquefois la portée satirique et morale. Mettons à profit pour cette étude, avec quelques travaux particuliers de date déjà ancienne, mais qui n'ont point perdu de leur valeur*, avec le recueil de Bothe», dont il serait injuste de ne plus tenir compte, celui par lequel M. Ribbeck Ta remplacé, donnant, par cet excellent volume un digne pendant à ses Reliquiœ tragicorum latinorum\

Fabula Palliata

CÉCILIUS

Cécilius Statius tenait le second de ces noms, appellation servile selon Aulu-Qelle*, de sa première condition. Gomme, avant lui, Livius Andronicus, et même Plante, dans une certaine mesure du moins, quand sa détresse le força de louer ses services à un meunier, comme, depuis, Térence, il avait été esclave. Chose étrange que tant de ces poëtes,

1. Par exemple ceux de L. Spengel, Caii Cœcilii Statii, comici poetœ, deperdUarum fabiilarum fragmenta, Monachii. 1829 ; J. H. .Neukirch, De fabula togata Romanorum, Lipsiae, 18:j3; hd. Munck, De L Fomponio Bonnniensi, atHlanarum poeta, (iloënvix, IS:6; De fabutisalellanis, Lipsiae. 1S40; C. Magnin, Ongmesdu théâtre r^wderne, ou études sur les origines du théâtre antique, Pans, 18^8, etc. ; plus récemment VlUstoire de la littérature romaine de M. A. Pierron, Paris 1852 • d'excellents articles de M. G. Boissier, sur les travaux de MM. Ritschl et 0. Ribbeck, relatifs aux comédies de Plaute et aux fragments des comiques latins {Journal général de Vinstruction publi- Qul n-des 14, 21 mai 1859; 3, 7, 28 mars 1860).

2. Poetœ scenici Latinorum, Halberstadn, 1823, t. V, Fragmenta

comicorum.

Page 1