Eunuch. prolog
ANCIENNE COMEDIE LATINE
sipé follement son patrimoine et vendu jusqu'au champ dépositaire des cendres paternelles. Avec l'aide du nouveau propriétaire, il fait ouvrir le tombeau, dans lequel se trouve ce trésor, dont parle le titre de la pièce, ressource dernière qu'un père avisé a ménagée de loin à la ruine trop probable de son fils. Mais avant que celui-ci en profite , il faut qu'il plaide contre l'acquéreur de son champ, vieil avare, escroc effronté, qui réclame la somme comme l'ayant cachée, pendant la guerre, dans ce tombeau, ainsi qu'il en avait le droit. Heureusement que le père, qui semble avoir songé à tout , dans un acte de sa main , dans une lettre déposée près du trésor, a laissé à son fils une pièce propre à établir et à faire triompher son droit.
Ces canevas sont ingénieux: ils servaient de cadre chez Ménandre à de fidèles et élégantes peintures de la vie humaine, que Luscius sans doute n'avait pu gâter tout à fait. Gomme les deux pièces se trouvent citées ensemble dans le prologue de VEunuque, Mme Dacier en a conclu, ascez gratuitement, que Luscius les avait réunies dans son imitation. Mais d'abord les sujets sont bien disparates et se prêtaient bien peu à cette opération éclectique ; ensuite c'eût été faire ce dont il blâmait Térence, contaminare fabulas grœcas.
Gicéron, en plus d'un endroit*, a parlé des comédies d'Attilius, et Volcatius Sédigitus l'a mis le cinquième sur sa liste, immédiatement avant Térence. Cet Attilius est-il le même que le dur auteur d'une Electre , également rappelée par Gicéron*, dont, selon Suétone', on récita certains
/. Tuscul. IV, u; Epist. ad Attic. XIV, 20. Le premier des deux passages, qui présente Attilius comme imitateur d'une comédie de Ménandre, Mictoyûvtiç, est ainsi conçu: « ... Ul odium mulierum, quale in MktoyOvo) Attilii est. » D'autres, d'après une correction hardie de Bentley, ont préféré lira : «... Quale ixktoyOvou Hippolyti est. » (Voyez Weichert, Poet. Latin... reliquise, 1830, p. 140.)
2. De Fin. I, 2 : « ... Synephebos ego, inquit, potius Caecilii, aut Ândriam Terentii, quam utramque Menandri legam? A quibus tantum dissentio, ut, quum Sophocles vel optime scripserit Elcctram, tamen maie conversam Attilii mihi legendam putem, de quo Licinius ferreura scriptorem : verum, opinor, scriptorem t^men ut legendus sit. » Cf. Epist. ad Attic. XIV, 20 : « ... Non scite : hoc enim Attilius, poeta durissimus. » -- 3. Cxs. lxxxiv.
POETES DIVERS
passages aux funérailles de César pour échauffer la colère du peuple, et qu'on a voulu quelquefois, par une correction de nom sans motif, donner à Altius, déjà assej; riche' On peut le croire sans être obligé pour cela de supposer singulièrement comme Weichert «, que cette Electre énU une tragi-comédie ou même une comédie. Resterait à marquer 1 époque où vivait Attilius. L'antique dureté qu'on lui reprochait semblerait autorisera le reculer jusqu'au temps d Ennius et de Plante, si quelque chose de cet?e dureté^ s était longtemps conservée dans lalangue assez stationnaire de la tragédie et même de la comédie latine
On en peut dire autant de Juvenlius cité par Varron» Aulu-Gelle», Charisius*, deLucilius cité parFulgence» Les formes surannées de leur style ne sont pas une raison sufhsanie pour les croire plus anciens, ou même aussi anciens que Térence ; car ces formes ont persisté longtemps.
guant à Fabius Dossennus ou Dorsennus, qui eut le désagrément de rencontrer dans le personnel des fables atet lanes un homonyme bouffon, qu'un ancien scoliaste d'Horace», et d après lui 0. Mûller'. et Bothe, entre autres» ont rangé sans doute pour cela parmi les auteurs de ces sortes de pièces, tandis que quelques-uns, d'après un naf sage de Sénèque», l'ont Jlace' paLi les p è'es de la K
SI Z r '""■"' "" '' ^^" »-6' contemporain i: Plante, tantôt contemporain de Térence. Horace ne dé-
2 Pi'/ , ''"'"',°°, "" '■?' '•«P^O'^tant en même temps qu à Plante a.quel il est étrange qu'il l'associe, la précL pitatioi, intéressée, la négligence e.péditive du travail'et
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