Hor. Sat. I, n
5. Afranius, /'raym. ex incert. fabul. XIII. Festus, v. Mustricula. Ces violences grossières n'étîùent pas rares dans ce théâtre; nous lisons dans un autre fragment (Titinius, FuUonia, fragm. XI. Non. vv. Posticurrij Patibulum) :
.... si quisquam hodie praeter hanc posticum nostrum pepulerit, Patibulo hoc ei caput defringam.
O.Ribbeck, p. 118, 185.
6. Afranius, Fratriœ, fragm. III. Non. v. Lxicuns. O.Ribbeck, p. l57.
De tels passages nous font connaître des mots bien techniques, bien plébéiens, qu'on n'aurait pas chance de rencontrer ailleurs.
N'omettons pas dans ce personnel comique de bas étage le chef d'office, Promus, qui a eu l'honneur de donner son nom à une pièce d'Afranius. Comprenons-y surtout un personnage aux dépens duquel s'était égayée bien souvent, d'après la comédie grecque, la fabula palliata et à qui ses hautes prétentions, non moindres à Rome qu'à Athènes, assignaient encore un rôle bouffon dans la fabula togata, le cuisinier. C'était, je m'imagine, un cuisinier qui, dans la Setina de Titinius, relevait la dignité de sa profession par ce magnifique rapprochement :
Le pilote gouverne son vaîsseau par sa sagesse, non par sa force. Pour abattre les bouillons d'une grande marmite d'airain, il faut au cuisinier une petite cuiller à pot.
Sapientia gubemator navem torquet, haut valentia:
Cocus magnum ahenum, quando fervit, paula coufutat trua *.
Au nombre des métiers, exercés à Rome, qui étaient justiciables de la comédie romaine, il eu faut compter un que la tragédie elle-même, je l'ai dit ailleurs^, ne ménageait guère, celui de la divination, delà divination privée, bien entendu. L'Augure qui a donné son nom à une pièce d'Afranius n'était pas assurément ce que Cicéron appelle, en parlant de lui-même, augur publicus^. Les membres du collège des augures pouvaient bien rire entre eux, à portes closes, de leur art prétendu ; mais ils n'eussent pas souffert qu'on prît au théâtre la même licence. Jj*Augure d'Afranius ne pouvait être qu'un de ces charlatans qui trafiquaient grossièrement des secrets de l'avenir et que l'histoire, aussi bien que la satire, nous représente comme ayant élu domicile, malgré les lois, dans le Cirque, au Forum, sur le
1. Titinius, Setina^ fragm. XV. Non. vv. Trua, Fervit. 0. Ribbeck, p. 130.
2. Voyez plus haut, p. 120, 146etsuiv.— 3. Episl. ad. famil.Wlj 6.
ANCIENNE COMÉDIE LATINE
Rempart*, C'était peut-être un de ses affîdés qui disait de lui :
Quand la divine rage se fut saisie de notre augure vous eussiez cru voir trembler, s'écrouler la mer, le ciel, la terre.
Modo postquam adripuit rabies hune nostrum augurem Mare, cœlum, terram ruere ac tremere diceres*. '
Il y a dans rillusion comique « de Corneille un magicien que Ton annonce plus modestement :
Je ne vous dirai point qu'il commande au tonnerre, Qu'il fait enfler les mers, qu'il fait trembler la terre.... Que de ses mots savants les forces inconnues Transportent les rochers, font descendre les nues, Et briller dans la nuit l'éclat de deux soleils; Vous n'avez pas besoin de miracles pareils. Il suffira pour vous qu'il lit dans les pensées, Qu'il connaît Pavenir et les choses passées....
L'empreinte des mœurs, des habitudes de la société romaine, si sensible dans la fabula palliata, devait être plus marquée encore dans la fabula togata. C'était un conseil fort d'accord avec les préoccupations économiques de cette société, que celui qui semble avoir été donné, je ne dirai pas par Titinius lui-même, mais par un des personnages de son Hortensius, celui de placer, de faire valoir son argent che^s les banquiers du Forum ou de la curie, plutôt que de le garder enfermé chez soi , à sa maison des champs :
In foro aut in curia Positapotius quam rure apud te in clausa*....
Quant aux préoccupations juridiques des Romains, il semble aussi que Titinius et Afranius en avaient fait une