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Origin, VI

324 ANCIENNE COMÉDIE LATINE

Vertamus vomerem In ceram, an mucrone umquam aremus osseo ' .

C'est là une expression que nous pourrions trouver quelque peu précieuse, comme cette autre presque semblable de Titinius :

.... Velim ego osse arare campum cereum',

mais qui paraissait sans doute plus naturelle aux Romains Ils y étaient préparés par leur mot pangeredoni le sens métaphorique aiaù une origine pareille. Panyere avaU voulu dire planter avant de vouloir dire écrire', et cette dernière acception, Ennius l'avait consacrée par ces belles paroles de son épitaphe :

Hic vestrum panxit fortia facta patrum*. Nous lisons chez Pline» que dans la superstitieuse Rome les assurances contre l'incendie étaient certaines inscriptions, tracées sur les murailles, par lesquelles on le conmrait. Ce fait reçoit sa confirmation d un fragment d« Vîncendium d'Afranius où se trouve, et en mots etrusciues, dans la langue des pratiques mystérieuses, une de ces inscriptions :

Qu'on écrive à la porte Arse verse.

Inscribat aliquis « Arse verse » in ostio'. ^rse Derse, c'est, dit Festus, . averte ignem • , le feu, chez les Toscans s'appelant arse''.

\.^^à^':^'^!^àr^^'^^^^s, .. 0. Ribbeck.

^'^^u'e^f curieux de voir le mot revenir du sens figuré au sens primitif et propre dans celte comparaison de Columelle {De cultu hortorum, V. 251) ; ^^^ ^.^^^^^ ^^^^.^^ ^^^.^^

Pangitur in cera docti mucrone magistri.

t H?;rr.£r.''xxVl''lI,' 4 : ■■ Etiam parieies incendiorum depreca-

lionibus conscribunlur. • r)-ti.„„ir r. iqc

''Tincendium, fra.m. IX. Feslus, . f ^^'^•^''.f ;.,^-,f;^,^'^^^^^^^^^^ 7. Neuiiirck {De fabul togat. roman.) ne voit U que lalléiation de

Les maisons romaines avaient contre les entreprises des voleurs une protection plus efficace, des chaînes tendues derrière la porte. Si nous ne le savions d'ailleurs, nous pourrions l'apprendre de la fabula togata. Un personnage du Vopiscus d'Afranius entend le bruit de ces chaînes :

Tintinnire janitoris impedimenta audio*.

Est-il besoin de dire que dans la comédie romaine le temps se comptait à la manière de Rome. Le mot de Calendes, introduit quelquefois dans la fabuU palliata^, ou par inadvertance , ou par cette confusion volontaire de.=; choses grecques et romaines qui n'y était pas rare, convenait parfaitement ici, aussi bien que la mention de ces lendemains des calendes, nones et ides, auxquels on attribuaii une influence fâcheuse, où il fallait s'abstenir des actes sérieux de la vie, jours marqués de noir, atri (lies, jours communs, communes, comme on les appelait encore'.

C'étaient hier les Calendes de septembre; c'est aujourd'hui jour marqué de noir,

Septembris heri Kalendae, hodiest ater dies *,

dit un personnage d'Afranius, probablement pour faire ajourner un mariage qui lui déplaît.

Ayez soin, au point du jour, de la parer et de prendre les auspices; c'est demain jour commun :

ces mots latins : « averte arsisse » ; pour d'autres, c'est une de ces formules arbitrairement forgées dont usent les enchanteurs, les opérateurs magiques.

1. Vopiscus, fragm. XXVI Non. v Tintinnire. 0. Ribbeck, p. 182.

2. Plaut. Mû. Glor. III. i, 97: Slichus, I, ii, 3. C'était contredire par avance une des expressions familières d'Auguste: a ... quum aliquos nunquam soluturos significare vult, ad Kalendas graecas soluturos ait » (Suet. Aug. Lxxxvii.)

3. A. Gell. Noct. attic. V, 17 ; Macrob. Saturn. I, 16 : « Dies autem postridianos ad omnia majores nostri cavendos putarunt; quos etiam atros valut infausta damnatione damnaverunt. Eosdem tamen nonnulli communes velat ad emendationem nominis vocitaverunt. »

4. Fratriœ, fragm. IV. Non. v. Atri dies. 0. Ribbeck, p. 157.

326 ANCIENNE COMÉDIE LATINE

.... Cum primo luci hodie ut exornata sit,

Atque ut auspicetis (hodie) ; cras est communis dies *,

dit un personnage d'Atta, donnant, k ce qu'il semble, ses ordres pour une noce.

Dans un passage d'Afranius, d'intention peu nette pour nous, il est question d'un homme pour qui étaient absolument même chose les jours qu'on appelait festi et profesti^ et entre lesquels on faisait le partage des devoirs religieux avec le repos et les plaisirs, et des travaux, des affaires.

Ce que nous avons coutume de faire les jours de fête, il le mêle, par une universelle confusion, à ses actes quotidiens; aux jours ordinaires, aussi bien qu'aux jours de fête, s'allume joyeusement son foyer.

Quae festo facere nos solemus de die, Cottidiano hic opère miscet omnia :

iEque profesto ac festo concélébrât focum*.

Telle paraît avoir été, quant au lieu de la scène, quant à la patrie et à la condition des personnages, quant aux mœurs, aux détails empruntés des lois, des coutumes, des usages, la fabula togata, peu différente pour tout le reste de la fabula palliata. Les fragments qui en subsistent encore sont trop peu nombreux, trop peu étendus, trop peu explicites pour qu'on puisse jamais se flatter d'en reconstruire la fable, mais on y entrevoit le caractère général de l'intrigue, qui était resté le même. Elle roulait toujours, à ce qu'il semble, sur quelque querelle domestique, entre le père et le fils, entre le mari et la femme ; sur des relations de famille troublées par le commerce des courtisanes ; sur l'intervention malfaisante des parasites et des esclaves. Tout cela, en devenant complètement romain, avait dû se modifier un peu : et, par exemple, Donat nous dit'* qu'on passait bien à la fabula palliata de mettre sur la scène des esclaves

1. LucuhratiOj fragm. Non. v. Auspicavi pro auspicatus sum, 0. Ribbeck, p. 138.

2. Privignus, fragm. XIV. Non. vv. Pr o festi j Festi dies. 0. Ribbeck, p. 167.

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