Ex incert. fab. fragm. V. 0. Ribbeck, p. J
6. Repudiatus, fragm. III. Non. v. Uumanitus.O. Ribbeck, p. 171.
ANCIENNE COMEDIE LATINE
On ne peut recueillir ces intéressants débris sans regretter profondément la perte de tant de précieux monuments de l'art comique où des traits, ainsi empruntés au modèle général de la vie* s'alliaient, dans des tableaux qui suppléaient, qui complétaient l'bistoire, k la peinture familière de la société romaine.
LES Atcîlancs: pomponius et novius.
Les formes littéraires s'usent à la longue par la répétition des mêmes moyens et des mêmes efléts; les genres alors les quittent et en ciierchent de nouvelles, quelquefois moins régulières, moins relevées, subalternes même et triviales, mais qui ont chance de leur rendre Tattrait de la nouveauté, de les aider à vaincre de superbes dégoûts :
Varia fastidia cœna Vincere tangentis maie singula dente superbo.
Au lieu des grandes compositions qui n'ont plus cours, il ne reste que de petits ouvrages qui en sont comme la monnaie. C'est l'histoire de toutes les littératures, de tous les théâtres. Nous mêmes avons eu la monnaie de la grande comédie; nous avons vu la comédie quitter la grande scène pour se transporter sur des scènes inférieures, où s'accomplissait encore l'œuvre comique, avec moins de solennité, d'appareil, d'une façon plus familière et plus piquante au gré d'un public blasé.
Cette espèce de déplacement, de déménagement de la comédie, a eu lieu à Rome, au septième siècle, du temps de
1. « lllud a vita ductum ab Afranio, » dit Cicéron, Tuscui, IV, 20.
rOMPONIUS ET NOVIUS.
Sylla, du temps de César, par le renouvellement de YateU lane et du mime, ces antiques parades devenues le cadre d'une nouvelle /"'^few/a palliata, d'une nouvelle fabula togata^ ou plutôt tabernaria.
J'ai déjà* retracé et discuté l'histoire de Vaîelîane, de ses formes, de ses fortunes diverses. Je n'y toucherai ici que succinctement et me hâterai d'arriver à quelques nouveaux détails sur les deux poètes auxquels elle doit d'avoir aussi sa place dans le recueil des fragments de la comédie latine.
Vatellane était primitivement un canevas comique livré à l'improvisation ; une fable à personnages convenus, invariables, originaires de la Campanie; une comédie qui parlait, pense-t-on, en tout ou en partie, le patois osque. Ce genre appartenait en propre à la jeunesse romaine, qui l'interdit aux comédiens de profession. Aussi ne dérogeait-on pas en jouant VatcUane, et la jouait- on impunément sous un masque qu'on ne pouvait vous faire quitter comme aux acteurs ordinaires. La constitution de Vatcilane changea avec le temps. Elle passa des amateurs aux comédiens, de l'improvisation à une rédaction préliminaire, de l'osqu?. au latin, de la prose aux vers. Cette révolution paraît avoir été opérée par Pomponius de Bologne, qui, avec Novius, se distingua dans ce genre, au temps de Sylla, et, on l'a dit, en concurrence de Sylla lui-même. Uatellane ainsi renouvelée était particulièrement une sorte de fabula tabernaria, qui, sous les masques d'Atella, se moquait des basses classes de la société, surtout de la société extra muros, des ridicules de la campagne et de la petite ville.
La biographie de L. Pomponius de Bologne n'est pas longue; moins longue encore est celle de Novius. Nous ne savons du premier, outre ses noms et sa patrie, que la date de sa naissance rapportée par la chronique d'Eusèbe à la première année de la CLXXiii" olympiade, c'est-à-dire à l'an 663 de Rome. Ces renseignements nous manquent pour l'autre, et c'est par conjecture que nous en faisons, avec vraisemblance d'ailleurs, le contemporain aussi bien que