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3. On doit dire qu'il n'est plus question dans le recueil de M. Ribbeck, comme dans celui de Bolho, d'un Atrée de Pomponius, d'une Andromaque, d'un Eurysacès de Novius.

ANCIENNE COMÉDIE LATINE

lesquels, presque seuls, nous est représenté le théâtre de Pomponius et de Novius. Les paysans, acteurs primitifs de Yatellane^ occupaient encore chez eux une grande place; Pomponius les avait rais en scène dans son Pappus ngricola, dans son Rusticus; Novius dans son Agricola, son Dubulcm, ses Vindcmiatores : beaucoup d'autres de leurs titres, révélant assez la condition des personnages de la comédie, se rapportent à des détails et quelquefois à des détails bien vulgaires de la vie rustique; dans le catalogue de Pomponius, outre Sarcularia, se rencontrent Aslna^ Capella, Maiaiis, Porcetray Vacca, Verres œgrotus. Verres salvos; dans celui de Novius, Ficitor, Gallinaria. Les ouvriers, les gens de métier, semblent aussi avoir été en majorité dans leurs pièces, qui ont pris de là les titres de Decuma Fullonis, Fulloncs, Pexor rusticus, Piscatores, Pistor, chez Pomponius; FulloneSy Fullones feriati, Fullonicum, Lignaria, Maccus copOj chez Novius. Certains métiers plus ou moins déshonnêtes que ne s'abstenait pas de produire sur la scène, sans ménagement aucun, la comédie antique, dont se sont occupées plus que de raison, par une constante tradition de scandale la fabula palliata, la fabula togala, la fabula tahernaria, n'ont pas non plus, il s'en faut, manqué à leurs pièces, et aux titres de leurs pièces : de là non-seulement la Citharista de Pomponius, VHetxra de Novius, mais, dans le catalogua du premier, ces annonces sans vergogne, Leno, Prostibulum. Il va sans dire qu'ils avaient conservé aux esclaves le rôle agissant qui leur est attribué partout dans les fables comiques grecques et latines. C'étaient, nous pouvons le supposer, des esclaves fourbes et enjoués, à l'ordinaire, que les Syri de Pomponius. Les misères de leur condition, leurs rudes travaux à la campagne, leurs durs châtiments nous sont plutôt rappelés par cet autre titre, fort lugubre, de Pomponius, Ergastulum. Les personnages les plus considérables dont ces titres fassent mention sont V^ditumuSy VAruspex, YAugury le Medicus, le Prœco de Pomponius; il faut y voir, probablement, un sacristain, un aruspice, un augure, un médecin, un crieur de fort bas étage. LAruspex avait pour second titre Pexor rusticus; un perruquier de

POMPONIUS ET NOVIUS.

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village cumulait dans cette pièce, avec son humble industrie, la divine fonction de prophète. Pomponius avait décoré une de ses pièces d'un titre bien imposant, Prœfejctus morum. Mais ce synonyme de censor ne s'y appliquait, très-probablement encore, qu'à quelque infime magistrat de police, dans quelque petite ville ; car nos deux poètes ont fait quelquefois voyager Vatellane hors des faubourgs de Rome, hors de la campagne romaine. Pomponius l'a ramenée à son berceau dans ses Campain; il l'a, au contraire, dépaysée dans ses Gain transalpiniy comme Novius dans ses Milites Pometinenses.

Réduite, pour tout modèle, à cet ordre de conditions subalternes, que ne relevaient pas assurément les personnages de convention invariablement chargés de les exprimer, Vatellane ne laissait pas d'accomplir, dans sa mesure, l'œuvre entière de l'art comique : elle avait, non-seulement sa comédie d'intrigue, dont le mot des critiques anciens, tricx alellanx, fait assez connaître, à défaut des monuments, et même de leurs ruines, la divertissante complication, mais sa comédie de mœurs, sa comédie de caractère. C'étaient des comédies de mœurs, et, malgré l'humilité des acteurs et de l'action, des comédies de mœurs d'une portée inattendue, que la Crctula vel Petitor, que V Hères petitor de Pomponius : Tune où les disgrâces de l'ambitieux Maccus offraient une image bouffonne des fatigues et des mécomptes de la brigue politique ; l'autre oii peut-être était déjà signalée et livrée à la risée, si longtemps avant Horace et Juvénal, la poursuite cupide des héritages, destinée à devenir, au temps de l'Empire, comme une profession. C'étaient, d'autre part, des comédies de caractère que ces pièces dont le sujet général, concentré dans certains types, se résumait par ces titres de Pomponius, les Joueurs, Aleones, la Coquette, Munda, par ces autres titres de Novius, les Prodigues, Dapatici, les Malveillants, Malivoli, TAvare, Parcus. Je n'ajoute pas le Sourd, Surdus. C'est là une infirmité physique qui peut donner lieu, on l'a vu sur nos scènes inférieures, à des incidents de nature plaisante, mais qui a moins de droits encore au nom de caractère que

ANCIENNE COMÉDIE L\TINE

^"travers d'esprit aux dépens duquel Regnard s'est égayé

'TcTSstes de comédies, mais dans une proportion meVale plus à la première qu'à la seconde, et k la seconde "u'fl' troisième, 'se rapportaient de -mbreux ouvrais, dont les titres, fort divers, expression de leur "-^he va ^ nous font connaître seulement, et encore bien inaparfaiternt, l'occasion, le cadre de la pièce les mêmes bten sou- Tnt que pour la fabxda togata, la fabua tabermirm

Tls étaient pris par exemple d'une date du calendrier, d'uÎe des grande^ fêtes religieuses de Tannée, dans les i"w* m!rti^, dans les Quimualrus >^e Pompon.- ; pevUêtre, au contraire, des pratiques du culte prive dans sa P a cm a dans son Lar familmns. On se rappelle ce que dit, luTrologue de VAulularia, ce dieu du foyer, des indigentes mafs 2^es offrandes dont l'honore chaque jour la fille de "avareEuclion. Certains événements domestiques donna.en ncorelieu à ces litres; Pomponi,>s leur avait emprunte s Nmim et Novius son Funus. Ils rappelaient quelque reaS de parenté, de là le Patruus de Pomponius; quelque oÏÏition domestique, de là la Dotata ou de Pomponius ou de Novius. et la rripartita de celui-ci ; q-lque act« f la vie civile, quelque acte judiciaire, de la 1 OpUo e la LJtio de Novius; quelque situation sociale, de la le Dives £ P mponfus et ^.s Pannuceatl. Cette dernière pièce est la tu e dont on ait pu reconstruire à peu près la fable. On croit que son titre avait trait aux haillons sous lesquels reen i^à la maison paternelle un autre ^-^^^ J^';^^^ mieux accueilli de son père que de son frère aine. Lnhn, S souvent d'une circonstance particulière, pour nous îort indifférente, que ces pièces recevaient leurs titres, d un nom propre, comme la Mxvia de Pomponius, comme le PacilLL Novius; de quelque objet materie , Çom-^Unnulus et la Concha de Pomponius , comme la Zona de

^Finissons cet inventaire bien long, quoique incomplet Jun titre d'une nature k part, un titre bien grave qui Sonne l'Idée de quelque composition allégorique de Novius.

POMPONIUS ET NOVIUS.

dans le genre de nos vieilles moralités, le Procès de la Mort e* de la Vie, MorVs et Vitx Judicium.

Du reste, VAtellane, née aux champs, avait gardé de son origine des façons toutes rustiques; sa gaieté était très-vive, mais aussi très-grossière, allant volontiers jusqu'à la saleté, et, ce qui est pis, jusqu'à l'obscénité. Il y a beaucoup trop de cette gaieté-là dans les fragments de Pomponius et de Novius. Par compensation, il s'y rencontre quelquefois des passages d'un tour élégant, d'une intention délicate. Je m'imagine que ce contraste singulier était pour quelque chose dans leur succès auprès de la bonne compagnie. 11 y a des moments où la bonne compagnie revient, par raffinement, à la liberté des gros mots. Le temps n'était pas éloif,'né où Catulle en mêlerait: avec succès de bien impurs à la pureté de son langage.

Voici quelques-uns de ces traits qui étaient chez nos deux poëtfs, pour des juges plus sévères, la rançon des grossièretés que leur permettaient ou leur imposaient les lois du genre.

On se souvient que dans une célèbre pièce d'Horace * l'usurier Alfîus fait rentrer aux ides l'argent qu'il a prêté, pour le replacer aux calendes suivantes. Il était fait à ces dates financières du prêt etde la restitution une allusion spirituelle dans ce joli vers de Pomponius qui a dii devenir proverbe :

Si calendis domi convivant, idibus cenant foris 2.

S'ils traitent chez eux aux calendes, ils vont aux ides souper dehors.

Une maxime se cachait de même ingénieusement sous le tour dramatique de cet autre vers du même poète :

Atque auscultare disce, si nescis loqui^.

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