Voyez plus haut, p. 222. —9. Epist. ad famil. VII
LABÉRIUS ET PUBLIUS SYRUS
gnaient jusr(u'à Gésar, qui semble en avoir gardé rancune*. Par suite s'est engagé entre le dictateur et l'auteur de mimes un drame, approchant du tragique, qui passe en intérêt toutes ces pièces perdues que nous ne pouvons raconter.
L'an de Rome 708, César, revenu de son expédition d'Espagne, donnait des jeux, et au nombre des spectacles offerts par lui à la curiosité du public était un concours entre des mimes de Labérius et ceux de P. Syrus. Il voulut, vengeance raffinée ou caprice cruel de sa toute-puissance, que Labérius, un chevalier, un vieillard, montât sur la scène et jouât lui-même sa pièce. Labérius céda à des instances en apparence obligeantes, qui, en réalité, étaient des ordres^; mais ce ne fut pas sans réclamer noblement, pathétiquement, contre la violence qui lui était faite, dans cet admirable prologue, l'un des plus beaux débris de la poésie antique ' :
Nécessité, qui, d'un cours impétueux, traverses dans leur voie et emportes, malgré leurs efforts, la plupart des mortels, en quel abîme m'as-tu précipité, lorsque chez moi déjà le sentiment allait s'éteindre? Jamais dans ma jeunesse, ni les sollicitations, ni les Ir.rgesses, ni la crainte, ni la violence, ni le crédit, n'eussent pu ébranler mon âme : et voilà que, sur mes vieux jours, je me laisse vaincre sans peine aux paroles engageantes de ce grand homme, qui daigne pour moi descendre à la prière. Les dieux lui ont tout accordé: faible mortel, était-co à moi de lui rien refuser? Il est donc vrai! après soixante ans d'une vie sans tache, sorti de ma maison chevalier romain, j'y