A. Gell. Noct. allie. XVII
2. C'est ce que fait entendre Macrobe, Saturn. II, 7 : « .... potcstns non solum si invitât, sed , et i supphcet, cogit. » Bayle {Dict. hist. et crit. arl. Labérius) rapproche de ce passage de Macrobe cet autre «l'Ausone : «< quod est potentissimum imperandi genus , rogabat qui jubere poterat. »
3. On en trouve l'éloge et la traduction dans le Traité des études de Rollin {livr. III, art. 3). J. J. Rousseau, qui en faisait aus-i grand cas, en a lui-même traduit quelque chose dans une note deZ,a nouvelle II élo'ise (n' part., lettr. XXIII), où, par une double erreur, les \uils attiques d'Aulu-Gelle, dans lesquelles il n'est point question de ce morceau . sont substituées aux Saturnales de Macrobe, qui nous Toni conservé, et traitées «iédaigneusement de a fade recueil ». Un dernier traducteur du Prologue de Labérius est M. Pierron , dans le xn" chapitre de son histoire de la littérature romaine (1852].
ANCIENNE COMÉDIE LATINE
dois rentrer avec le nom de minie. Ah ! j'ai vécu trop d'un jour. 0 fortune, qui ne mets de bornes ni h tes faveurs, ni à tes disgrâces, si, par un el'et de ton caprice, ma gloire littéraire devait un jour flétrir dans sa fleur, briser, abattre ma renommée, que n était-ce au temps de ma force, de ma verte jeunesse, lorsque je pouvais du moins répondre à l'attente du peuple romain et du grand homme qui m'écoute, lorsque, souple encore, je pouvais plier sous t;i main! Mais aujourd'hui à quoi me réduis-tu? Eh! qu'apporié-je sur la scène? les grâces du visage, la noblesse du maintien, le feu du talent, le charme d'une voix mélodieuse?... Gomme le lierre éloulTe de ses flexibles rameaux l'arbre qu'il embrasse, ainsi la vieillesse me fait mourir par l'étreinte des années. Labériusest comme la tombe; il ne possède plus qu'un vain nom.
Nécessitas, cujus cursus transversi impetum Voluerunt multi efl'ugere, pauci potuerunt, Quo me detrusit pœne extremis sensibus 1 Quem nulla ambitio, nulla unquani largitio, Nullustimor, vis nulla. nulla auctoritas Movere potuit in juventa de statu', Ecce in senecta ut facile labefecit loco Viri excellentis mente clémente édita Summissa placide blandiloquens oratio 1 Etenim ipsi di negare cui nil potuerunt, Hominem me denegare quis posset pati?
Ego b s iricenis annis actis sine nota Eques Romanus a lare egressus meo Domum reve'tar mimus. Nin irum hoc die Uno plus vixi mihi quam viven^um fuit.
Fortnna, immoderata in bono œque atque inmalo, Si tibi frat libitum, literarum laudibus Florens cacumen iiostrœ famœ frangere, Cur cum vigebam membris praeviriaantibus, Satis facere populo et tali cum poteram viro, Non me flexibileni concurvasti ut carperes? Nuncine me deicis ? Quo? Quid ad s enam adfero? Decorem formae an dignitatem corporis, Animi virtutem an vocis jucundœ sonum?
Ut hedera serpens vires arboreas necat,
l. Le témoignage que se rend ici Labérius est confirmé par une anecdote qu'on lit chez Macrohe (Salurn. II, 6). Clod us n'avait | u en obtenir un mime, pour des jeux qu'il devait donner, sans doute ; il s'irritait, il menaçait : le poète lui dit : «< Qu'ai-je à craindre de toi? d'aller à Dyrrachium et d'en revenir.» Allusion piquante à l'exil et au retour de Cicéron.
LABERIUS ET PUBLIUS SYRUS
Ita me vetustas amplexu annorum enecat : Sepulcri similis nil nisi nomen retineo '.
A celte plaÎDte éloquente ne se bornèrent pas les représailles de Labérius. Bientôt après, on le vit reparaître jouant dans son mime le personcage de Syrus, d'un esclave maltraité, qui se dérobait aux coups et s'écriait:
Il nous faut donc, Romains, perdre la liberté!
Porro, Quirites, libertatem perdimus.
Puis vint ce trait sentencieux :
C'est chose nécessaire qu'il ait peur de beaucoup celui de qui beaucoup ont peur.
Necesse est multos timeat quem multi timent.
et d'un mouvement involontaire, tous les spectateurs, entrant dans rintention du poète, et s'appropriant ses paroles comme l'expression du sentiment public ^, tournèrent les yeux vers César. Quand vint le moment de juger, César, peut-être sans injustice, mais heureux que son goût se trouvât d'accord avec sa passion, se prononça pour Publius Syrus. II le fit en termes plaisants, comme s'il eijt pris luimême le ton du mimey et jouant sur ce nom de Syrus, qui se trouvait à la fois, non peut-être sans une intention maligne de l'auteur, et celui du rival de Labérius et celui du personnage infime par la bouche duquel Labérius lui avait fait entendre, à la face de Rome, de si libres paroles, il dit en souriant : a J'étais pour toi, Labérius, mais tu as été vaincu par Syrus. »
Favente tibi me, victus es, Laberi, a Syro.
Là-dessus Publius Syrus reçut la palme et Labérius, avec un riche présent, un anneau d'or. César le rétablissait ainsi dans son rang de chevalier dont sa complaisance forcée pouvait paraître l'avoir fait déchoir. Cette autre pièce qui se jouait hors de la scène n'était pas finie. QuanJ Labérius,