‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 429 sur 513 · Lucilius und die Rômiache satura, Bâle · texte numérisé non relu

Lucilius und die Rômiache satura, Bâle

LUCILIUS

par exemple, en 1843, celui de M. C. Fr. Hermann, dans le trente-sixième numéro des Éphcmérides de Gœtlinque et, dans la première hvraison d'octobre 1845 de la Revue des Deux-Mondes, celui d'un jeune littérateur de grande distinction, dont la mort prématurée a causé il v a quelques mois, de si vifs et si justes regrets, de M. Charles Labitte *.

Tant d'efforts n'ont pas été stériles, il s'en faut de beaucoup. Mais la moisson assez abondante de notions plus claires de leçons plus épurées, d'interprétations plus exactes qu ils ont produite, a été quelquefois étouffée nar par la fausse richesse, le luxe embarrassant des coniec lures. Lucihus, nous le tenons de Cicéron \ désirait aym ses ouvrages ne fussent lus ni par des hommes trop éc'ai res, m par des ignorants, parce que ceux-ci n'y verraient nen et que les autres y verraient peut-être plus que lui Il semble qu en raison de l'esprit prophétique attribué par 1 antiquité à ses poètes, il protestât d'avance contre l'excès de hardiesse avec lequel devait s'exercer sur les souvemrs de sa vie et les débris informes de son monument poehque 1 imagination de nos doctes contemporains. M. J. A. C. Van Heusde, particulièrement, a compromis le succès légitime de ses estimables Études par des témérités dans lesquelles, malgré les réclamations, assez dures il est vrai, de la critique, il a eu le tort de persister» Indiquons-en quelques-unes.

La Chronique d'Eusèbe renfermant les quarante-six ans de vie qu el e donne à Lucilius entre la CLviii- et la clxix= olympiade, le fait mourir par conséquent en l'an de Rome b51. Diverses considérations avaient déjà porté Bayle*

1. 11 a déjà été rendu hommase dans CCS A«rf,5 t t r, o,, • , 4. Dict. art Lucilils.

LUCILIUS

ANCIENNE SATIRE LATINE

Dacier* et d'autres à rapprocher d^in cerlam nombre d'années cette dernière date. Le poète en effet a parle do la loi Licinia, rendue, selon quelques-uns, il est vrai en 644 mais selon d'autres en 657 et même en 665. De plus le mot senex par lequel Horace l'a désigné % ne semble pas d'accord avec la durée assez courte que la Chronique d'Eusèbe attribue à sa vie. On y a donc ajouté; mais M Van Heusde plus que personne : il l'a portée en ellet de' l'évaluation primitive de quarante-six ans à plus de quatre-vingts^ Par quel procédé? Le voici : Gicéron dit dans le Brutm^ du tribunat de l'orateur Grassus : Ita tacttus tribunatus, ut nisi in eo magistratu cœnavisset apud prœconem Granium, idque nobis bis narravisset Lucilms, tribunum plebis nescircmus fuisse. Au lieu de nobts bis ou de bis nobis que donne un manuscrit, M. Van Heusde ht arbitrairement nobis pueris ; il entend tout aussi arbitrairement par narravisset, non pas, comme tout le monde, des récits que Lucilius a semés dans ses satires, mais une confidence orale, et du passage ainsi corrigé et exphqué il tire cette conclusion, que le poète a réellement raconté a Gicéron, dans son enfance, l'histoire du souper donne au tribun Grassus par le crieur public Granius. Gela ne suffirait pas cependant pour faire de Lucilius un vieillard, un octogénaire; car enfin, lorsque Gicéron, né en 648, avait par exemple quinze ans, Lucihus s'il eût vécu, et plusieurs passai^es des Dialogues sur l'orateur» parlent de lui a cette époque, c'est-à-dire en 663. comme d'un homme qui a cessé d'exister, Lucilius, dis-je, en le supposant alors en vie n'aurait eu qu'environ cinquante huit ans. M. Van Heusde a trouvé moyen de grossir ce chiffre de vingtquatre années au moins, en supposant, avec François Dousa que, quand le satirique, dans un passage qui nous a été conservé, a parlé de la cruelle loi de Calpurmus% il

1. Discours sur la satire. Acad. des inscript, et bell. lett., t. II,

"^'^l^ragm. incerta, CXXXIII. - 3. Hor. Sat.U,i,Jk.

4. Stud. cru. p. 9 sqq. - 5. C. xiri - 6. ^^/'^'•.^' ,^f ' "i/o' 7 Fragm. XX, 4. Non. vv. Prions, Pnmores. h. K Coii^et. p. 128.

a entendu une loi Calpurnia de àmbitu portée en 687. Mais est-il bien évident que, des diverses lois désignées par le même nom de Calpurnia, diucuiie n'ait pu mériterla qualification de sxva lex, pas même celle de 604 de repetundis? Et puis pourquoi ne serait-ce pas un concussionnaire mécontent à qui Lucilius aurait fait dire (j'emprunte la traduction et renvoie à la note de M. Gorpet) : a Je blâmai la loi cruelle de Galpurnius Pison, et j'aspirai un souffle de colère au bord de mes narines. »

Calpurni saevam legem Pisoni' reprendi, Eduxique animam in primoribu' naribus....

En résumé, toute cette construction hypothétique au moyen de laquelle M. Van Heusde ajoute savamment ingénieusement, aux années de Lucilius, est assez peu solide, et ses évaluations, celles mêmes de Bayle, semblent mériter moins de confiance que les chiffres' de la Chronique d'Eusèbe, fort bien défendus d'ailleurs par d'autres critiques, notamment par M. Varges^

Gourte ou longue, la vie de Lucilius est pour nous bien peu remplie, sinon d'oeuvres, du moins d'événements. Sa naissance à Suessa-Aurunca% sa mort et ses honorables funérailles à Naples'; dans rinterval'e, la part qu'il prit, bien jeune encore, à la dernière campagne de la guerre de Numance*; son honorable et douce intimité, pendant quelques années, avec Scipion Émilien et Lélius'; des voyages, dont un de Rome à Gapoue et jusqu'au détroit de Sicile lui a fourni le sujet d'un récit enjoué devenu sa troisième satire ^ des procès, soit au sénat, devant lequel on l'accusait de faire paître ses troupeaux sur les terres du domaine public'; soit, sans succès, au tribunal de G. Célius% contre un acteur qui l'avait désigné outrageu-

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