In Cic. orat. contra L. Pison.^ c. xxii
376 ANCIENNE SATIRE LATINE
frais du trésor public, pour lo-er Antiochus Epiphane, livré en otage aux Romains par le roi de Syrie, son père. M. Van Housde» Fa fait de plus possesseur d'un moulin ou d'une boulangerie, pistrinum, sur l'autorité du passage suivant de Varron*, et de l'interprétation propos >e, mais d une façon fort dubitative, par C. 0. Muller: Pllum, quod ev far pisunt, a quo ubi id fit dicitur pistrimm, indc post m urbe Lucili pislrina et pis/rix. D'autres^ ont pensé, d après Scaliger, que dans ce passage, probablement altère il sagissait tout simplement de l'emploi fait par Lucilius du moiïêminmpistrina, au lieu du neutre pt5/rmw/n, de l emploi du mot pistvix. Li prétendue propriété de Lucilius se réduirait donc à celle de certaines formes de langage. Qmq ^i Ton donne à Lucilius la boulangerie, pistrina, il tant, d'après le même texte, lui donner aussi la boulangère, pis^ trix: c'est ce qu'a fait, de son côté, M. J. Becker^ Gomme le moi pistrina se trouve dans un fragment de cette seizième satire,écrite, selon Porphyrion«, parLucilius, au sujet d une de ses maîtresses, et intitulée, du nom de cette femme, Co^/ym, il a paru àM J. Becker que la Co//|/ra de Porphyrion et la pistrix de Varron ne faisaient qu'une, et il nous a mis ainsi, bien qu'il s'en défende, auxdépensde 1 exactitude du scoliaste, sur la voie d'une relation bien familière entre le poëte et l'utile, mais humble et assez peu gracieuse personne décrite dans ce fragment :
Pistricem validam si nummi suppeditabunt, Addas !tA::Xeupov, mamphulas quae sciât omnes.
Si tes moyens te permettent d'avoir une boubngère en sa
flpur tâche aussi qu'elle soit solide sur ses hanches et qu elle
• sache donne? toutes les formes à sa pâte. (Trad. de M. Corpet.)
bonnes notes de M. Corpet sur le fragment XVI, 10, elle XIII des Fraqm. incert. — 4. Cf. Cliaris., 1, xvu, § 36. 5 Oavrage cité plus haut, p. 249, 250.
i 'f^rasrLerrxilî. a. Fest. V. IfamphuJa. Varr.De linr,. Ut. V, 138. E. F. Corpet, p. 228.
LT'CILIUS.
Lucilius aurait été un juge fort compétent de ce genre de mérite, s'il fallait croire, avec M. Van Heusde *, que, comme Plaute, mais uniquement par des raisons de santé ou par fantaisie, il a lui-même, dans son moulin ou sa boulangerie, rais la main à l'ouvrage: animi aut valetiidinis causa ad pistoris opus incubuisse et pilwn tractasse. En effet, il Rdit^ipilum qxio pinso, le pilon avec lequel je pile. Mais dans quel endroit a-t-il dit cela? Dans sa neuvième satire, de sujet tout grammatical, où il débattait particu-hèrement des questions d'orthographe ; où il examinai^., entre autres choses, quand il faut écrire ei ou simplement i, comme danspi/i/9n, le pilon avec lequel je pile, c'est-à-dire avec lequel on pile, pilum quo pinso ; comme aussi dans pilam la balle avec laquelle nous jouons, c'est-à-dire avec laquelle on joue, pilam qua ludimus. De la différence de nombre qui distingue dans ce fragoient ludimus de pinso, il est bien subtil de conclure, comme paraît le faire M. Van Heusde, que, quand le poëte dit ludimus, il parle de tout le monde, et que, quand il dit pinso, il ne parle que de luimême, mettant ses lecteurs dans la confidence d'une manie assurément bien bizarre.
Si j'ai insisté, comme je viens de le faire, sur des assertions qu'on réfute assez en les énonçant, c'est qu'elles sont très-propres à montrer jusqu'où l'on peut être mené, avec beaucoup de science et de sagacité, par l'oubli des règles sévères de la critique, par la prétention d'en savoir sur les choses de l'antiquité plus que les anciens ne nous en ont dit et que l'on ne peut légitimement en supposer d'après leurs témoignages, par le plaisir de conjecturer sans fin. De là des notices où la fantaisie domine, et que j'appellerais volontiers les romans historiques de l'érudition.
Nous avons nous-même, il nous en faut accuser, fourni deux chapitres assez bouffons au roman de Lucilius. Le premier a pour auteur Baillet», qui commente ainsi le passage