‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 435 sur 513 · Rhet. ad Uerenn, IV, 12; Acr. in Horat. serm. II, i · texte numérisé non relu

Rhet. ad Uerenn, IV, 12; Acr. in Horat. serm. II, i

trente le nombre total, ou, plus rarement, par des titres qui en indiquent le sujet; voilà le point de départ de ces conjectures.

Les satires de Lucilius, dit-on, composées à des époques diverses, furent chacune l'objet d'une publication à part; plus tard, et par deux fois, l'auteur les rassembla en corps d'ouvrage; enfin le temps arriva où les deux recueils se confondirent dans une seule et même collection dont il fallut alors distinguer les pièces par des numéros et par des titres.

Que les choses se soient ainsi passées, on n'a certainement pas le droit de l'affirmer; mais cela est si conforme à ce qui a toujours eu lieu pour ce genre d'écrits, qu'on peut l'admettre comme probable. On se prête moins volontiers à certaines conséquences plus particulières, et plus douteuses, que les critiques se sont permis de tirer des passages anciens rappelés plus haut; par exemple à leurs systèmes si nombreux, si divers, et par cela même si propres à mettre en défiance, sur la distribution des trente satires de Lucilius entre les deux recueils primitifs; sur l'auteur de l'ordre par numéros et par titres, définitivement adopté; sur les époques oii se sont produits ces divers modes de publication.

Le système le plus ancien et le plus étrange est assurément celui d'Ausone Popma*. Ce savant et paradoxal annotateur du Traité de la langue latine de Varron, remplaçant, comme d'autres, dans un passage de ce traité*, où il est question des vingt et un livres de Lucrèce, ce nom peu d'accord avec un tel chiffre, par celui de Lucilius et d'autre part entendant au propre ce qu'Horace a dit du hardi satirique :

Primores populi arripuit, populumque tributim %

est arrivé à cette opinion, que, dans un premier recueil composé de vingt et une pièces, Lucilius, avait attaqué

1. Terent. Varr. fragm. 1589; Notœ in Varr. de Ling. lat. 1619.

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