CapL IV, II; Curcul. III, in. — 3. C-urcul. IV, i
LUCILIUS. 383
que traduit ainsi, savamment, élégamment, M. Naudet :
Mais, tandis qu'il est sorti, je vais, pour vous éviter la
peine de trop longues recherches, vous dire en quels lieux on trouve les différentes personnes que vous désirez voir, gens vicieux ou sans vices, fripons ou citoyens honnêtes. Voulezvous rencontrer un faussaire? allez au tribunal dans le Comice; un menteur, un fanfaron? dans les environs du temple de Gloacine. Les maris opulents, libertins, prodigues, se rencontrent sous la Basilique. Là s'assemblent aussi les tendrons qui ne sont plus enfants et les faiseurs d'affaires. Les amateurs de pique-nique fréquentent le marché au poisson. Dans le Las Forum se promènent les gens de considération et les riches. Au moyen Forum, le long du canal, les héros de forfanterie. Au dessus du lac Curtius, les bavards imperturbables, les mauvaises langues, qui débitent etTrontément sur le compte d'autrui^ de mauvais propos sans fondement, ayant eux-mêmes de quoi fournir ample matière à des propos véritables. Sous les Vieilles-Iùhoppes se tiennent ceux qui prêtent et qui empruntent à usure. Derrière le temple de Castor est une race à laquelle il ne faut pas se fier de léger. Les aimab'es qui font valoir leur personne remplissent la rue des Toscans. Le Vélabre est peuplé de boulangers, de bouchers, d'aruspices, de marchands qui revendent ou de propriétaires qui fournissent les marchands. Mais j'est^ads le bruit d'une porte ; il faut contenir ma langue '.
M. Van Heusde, qui relève fort bien tout ce que présentait d'absolument inacceptable le système d'Ausone Popma ^ en propose un qu'il est tout aussi difficile d'accepter *. Partant de ce fait, un de ceux qui nous ont été transmis en trop petit nombre sur cette matière, que la première et la seizième satire de Lucilius étaient intitulées, l'une Deorum concilium, Vautre Collyra, il se persuade, mais ne persuade guère ses lecteurs, que ces deux titres, si évidemment particuliers, servaient d'appellation générale aux deux recueils du poète, composés de quinze pièces chacun, et dédiés, adressés, il le conclut de quelques fragments, le premier à L. ^lius Stilo, le second à un certain Fundius.
On croira plus volontiers, ou bien, comme M. Schœn-