‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 44 sur 513 · Sjilires, Les systèmes · texte numérisé non relu

Sjilires, Les systèmes

ru POEME DE LA NATURE.

parence de la vie, parvenait en effet à établir que les choses se sont formées et s'entretiennent, sans la divinité, uniquement par le concours fortuit des éléments premiers delà matière, des atomes. Fortuit ! il ne saisit le dire, et c'est là recueil où vient échouer le System™ ntirelii^ûeux dont il s'est fait avec tant de conviction, et de conviction Fi persuasive, le poétique interprète. Ces rencontres du hasard, qu'il prétend réduire en théorie, lui révèlent clairement, par la régularité de leurs produits, à lui, témoin si attentif et si clairvoyant, traducteur si exact et si énergique de ce qui frappe ses sens et son intelligence, tout un ensemble de lois; lui-même emploie cette expression et d'autres de même valeur, rationes, fœdera, Icges * ; ces lois, il les résume dans un législateur abstrait qu'il appelle la Nature, la Nature créatrice, la Nature 'gouvernante, Natura creatrix^, Natura gubernans\' grandes et magnifiques expressions qui produisent tout à coup, dans cette espèce de drame philosophique, une péripétie, un coup de théâtre, ramenant sous un autre nom, au sein du monde dont on avait cru la bannir, la divinité. Ne lui rendez-vous pas involontairement son nom quand vous lise: chez Lucrèce :

Je dirai comment, dans leur cours, le soleil et la lune sont guidés, gouvernés par la puissance souveraine d« la Nature.

Solis cursus lunaeque meatus

Expediam qua vi flectat Natura gubernans*?

La figure même employée par le poëte ne vous fait-elle pas songer au Dieu que Bossuet représente « tenant du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes'? >.

Lucrèce parle de même de la Fortune, il l'appelle Fortuna gubernans \ Une telle épithète convient moins à la puis-

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