‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 442 sur 513 · Frngm. I, 16. E. F. Corpet, p · texte numérisé non relu

Frngm. I, 16. E. F. Corpet, p

9 Fmr?r* YÎ^r^*.^^"-' V- Tricones, Lenlum. E. F. Corpet, p. 94. 9. Fragm. XVI, 5; Priscian. III, i. E. F. Corpet, p. 116;XXX, 32. "

388 ANCIENNE SATIRE LATINE

eu le droit de tirer cette conclusion, que les pièces oii elles se trouvaient étaient des épttres à ces personnages, portant leur nom, en quelque sorte pour ense.gne ? Je ne e pense pas. N'est-il pas dans les habitudes des poètes satiriques de se supposer tout à coup, au milieu de leur pro- 2 un interlocuteur, auquel ils s'adressent plus particulièrement? Si ce passage d'Horace :

Quo tibi, Tilli, Sumere depositum clavum fierique tribuno ' ?

nous était parvenu à l'état de fragment, on a".^=iit P". ?'«^ tout autant d'apparence , transformer en épitre a TiUius une pièce cependant adressée à Mécène. Je ne repondrais pas que les apostrophes semées dans les fragments de Lucilius n'aient quelquefois donne heu à des méprises

de ce ffenre.

Ph.i que les titres, que les dédicaces qui ont pu servir k distinguer ces pièces, leurs sujets devaient intéresser la curiosité des critiques modernes. Or quelques-uns seulement étaient expliqués avec une clarté sufhsante par les anciens. On savait que, dans la première de «es satires 1 poète avait fait déUbérer les dieux sur la nécessité de mettre un terme aux méfaits de l'impie Lupus et de quelques autres citoyens pervers'; que, dans a troisième, modèle du voyage k Brindes d'Horace, il avait raconté son voyage à Capoue»; que, dans \a neuvième, anticipant sur l'Ari poétique, il avait traité diverses questions de grammaire et de littérature». Gomme Perse, au rapport de ses scoliasles, avait composé sa première et sa "-oisième satire à l'imitation, celle-ci de la quatrième, celle-li. de la dixième des satires de Lucilius, on pouvait encore se faire une idée de la matière traitée en gênerai dans ce-

Non V. Incilare. E. F. Corpet, p. 205; Fragm. ineerl. I. Lactant. Dh. '•r5«7'.%?;2';-. -Ty^v.!^'n Virgil. ^n«d. X, 104.

gus, de orthographia, Norius, v. Poes.s, Priscian., Charis., etc., passim.

LUCILIUS

deux oinrap:es, d'une part les excès de luxe et de rinterupérauce, d'une autre part les ridicules des orateurs et des poètes du temps, Fauteur lui-même compris. Pour tous les autres oiivra^^es on était sans indications ; il fallait deviner d'après le caractère des fra^^ments, indice trompeur qui devait conduire, le plus souvent, à prendre pour l'idée princij)ale d'une pièce un développement particulier , à faire rapporter spécialement à une pièce ce qui se trouvait réparti dans l'ensemble du recueil. Lucilius, en elïet, ses débris l'attestent, a fait partout de la satire morale, et, en plus d'un endroit, de la satire littéraire. Il a donc été assez téméraire d'alfirmer qu'il avait eu surlout en vue, dans tels ou tels morceaux, l'ambition, l'avarice, la gourmandise, la débauche, la suferstition, le mauvais goût, ce qu'il n'a cessé de censurer en tout lieu. M. Schœnbtck, critique d'ailleurs fort pénétrant, me paraît avoir, plus que d'autres, usé et abusé de ce genre de suppositions; sans compter certaines erreurs particulières qu'on .serait peut-être en droit de lui reprocher : comme lorsque les fragments si peu chastes, si effrontément cyniques de la huitième satire lui donnent l'idée d'un tableau de la vie domestique, où auraient été exprimées les bonnes qualités de la femme comme épouse et comme ménagère.

Le sujet des satires de Lucilius déterminé avec plus ou moins de certitude, restait, ou à en disposer plus régulièrement les fragments d'après l'analogie du sens, ce qui se peut quelquefois , ou même à retrouver le dessein de la pièce entière, ce qui est rarement possible, ce qui ne l'est même, à vrai dire, que pour la troisième satire. Cette satire contenant, on l'a vu, le récit d'un voyage, à l'itinéraire du poiite a dû répondre la marche du poëme. M. Vargès s'est occupé avec succès de la retrouver dans un ouvrage spécial*, dont M. Van Heusde a donné une courte analyse*. Pour les vingt-neuf autres satires, mélange capricieux d'attaques personnelles, de tableaux de

1. C. Lucilii satirarum quœ ex îihro 111 supersunty Stettin, 1836. Cf. J. Rutgers, Venusin. kct. c. xv.

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