Hor., Sat. I, vi
4. Scncc.,/;e Ben. VI, 32; Plin., Hist. nat. XXI, m, 6. Cf. Munck, Defab. aiclian. p. 86.
5. Ouvrage cité, p. 247. — 6. Quœst. Lucil. p. 18. 7- Cic, De Orat. II, 66.
ANCIENNE SATIRE LATINE
rioD, qui rapproche le sic me servavit Apollo de la neuvième satire d'Horace^ d'un trait pareil de la neuvième satire de Lucilius, il a supposé que dans Tune et dans Taulre pièce il était égaleuieut question de ia rencontre faite par l'auteur, en se promenant par les rues, nescio quid medilans nugarum^ tolus in iltiSy d'un fâcheux. Ou connaît le fâcheux d'Horace, cet auibitieux de bas éta^e qui, par le crédit du poêle, voudrait s'introduire chez Mécène. Celui de Lucilius a de moins hautes prétentions. C'est tout simplement, selon M. Van Heusde, un marcliand de blé, qu'un fragment de cette satire ' nous montre arrivant avec son boisseau et sa pelle :
Frunientarius est; modium hic secum atque rulellum Un a afferl.
Gomment est-il connu d'un grand personnage tel que Lucilius ? C'est, nous l'avons dit^ d'après M. Van Heusde, non sans douter un peu de la chose, que Lucilius a été puhlicain en Asie. La conversation s'engage. Le marchand de blé confie à l'ancien publicain qu'il est impliqué dans un procès ; il le consulte sur la défense qu'il a préparée, se défiant de son orthographe et de son style et voulant avoir Tavis d'un habile homme. Lucilius, bien plus patient que ne le fut depuis Horace en pareille rencontre, non- seulement éclaircit les doutes dont on l'importune, mais se met à disserter longuement sur la grammaire, sur la littérature, pour d'autres sans doute que pour son interlocuteur : autrement les rôles seraient renversés, et lui-même deviendrait à son tour le fâcheux. On a vu quels légers indices avaient suffi à M. Van Heusde pour supposer une rencontre entre ces deux personnages. Il ne lui en a pas fallu davantage pour imaginer l'entretien qu'il leur prête. 11 s'est fondé uniquement sur deux fragments *, ainsi ren-