Vell. Pat , Ilùt. II, y
ANCIENNE SATIRE LATINE
nous le tenons de Salluste*, commandait une portion du corps auxiliaire de quatre mille hommes fourni au général romaia, de l'aveu du sénat, par des villes, par des rois, qui recherchaient sa puissante amitié. Micipsa, en lui envoyant son contingent sous la conduite de Jugurtha, comptait sur les chances d'une expédition diflicile et dangereuse, pour débarrasser sa famille d'un incommode parent. L'événement, comme on le voit chez l'historien, trompa complètement son espérance.
Peut-être une révision sévère découvrira-t-elle à M. Corpet, dans son ouvrage, d'autres points encore à éclaircir de nouveau, à modifier. Mais, tel qu'il est, on doit en remercier son auteur comme d'un service important rendu aux études classiques. Rien n'est plus propre à éclairer l'histoire de la satire latine que les fragments de Lucilius. C'est le précurseur d'Horace en bien des choses, mais particulièrement dans l'art de varier par des ornements de toute sorte le style didactique, de mêler à l'inspiration poétique le langage de la conversation. Horace lui doit peut-être* le nom même qu'il a donné à ses satires, et qui en exprime le caractère, Sermones. Lucilius est en même temps le précurseur de Juvénal par ce cynisme volontaire qui met le vice h nu pour le flétrir, et, s'il se pouvait, pour le faire rougir de lui-même. La satire latine est déjà tout entière en germe chez le vieux poëte. Il est instructif autant que curieux de la surprendre dans cette première période de son développement.