‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 462 sur 513 · Plutarch. Vit. Cicéron., c. un · texte numérisé non relu

Plutarch. Vit. Cicéron., c. un

rOÉôIE LATINE, n ,..- 07

CICÉRON

poésie soit une verve inégale; que, douée par intervalle? de force et d'éclat, elle soit trop souvent lâche, qu'elle offre avec de beaux traits, avec ce qu'il appelle chez Lucrèce lumirm ingénu^ passablement de négligence et de dureté?

Il ne laissait pas, et cela ne lui est point non plus particulier, détenir beaucoup à ses vers. Nous ne les connaissons guère, comme ceux de ses vieux prédécesseurs, que par les citations qu'il en a faites lui-même complaisamment, ou bien encore, détour adroit de la vanité, qu'il en a fait faire, avec de justes éloges, par les interlocuteurs de ses dialogues. Nous voyons en maint endroit de sa correspondance avec quelle sollicitude il s'occupait de leur fortune auprès des bons juges du temps, auprès de César* surtout, qu'ils allaient chercher jusqu'en Gaule et même, je crois, jusqu'en Bretagne. Ceux qui lui contestaient le génie du poëte devaient certainement lui en accorder le caractère.

Mais c'est assez s'occuper de l'auteur ; il est temps d'en venir aux ouvrages eux-mêmes et d'abord d'en reproduire, d'après les savantes recherches de M. Le Clerc, dont on ne peut éviter, dont on doit rechercher la trace en pareille matière comme en tant d'autres, la liste chronologique, avant d'en étudier à part les principaux.

Dès l'an de Rome 659, Gicéron, à peine âgé de treize ou quatorze ans, avait écrit, dans un genre de composition épique alors goûté, un petit poëme mythologique sur la métamorphose du pêcheur Glaucus en dieu mcirin, Fontius Glaucus.

Entre 662 et 668, de sa seizième à sa vingt et unième année, il contmua de s'exercer à l'art des vers dans ui: assez grand nombre de productions diverses : un secon(' poëme mythologique, sur l'aventure de Ceyx et Alcyon probablement, Alcyones; un de ces poëmes de sujet histo rique, eux-mêmes fort en vogue alors, qui donnaient comm des suites aux Annales (TEnninSy Marias; une élégie, pense t-on, intitulée Tamélastis; une traduction des Phénomèm. tf Aratus. Peut-être faut-il ajouter une traduction des Pro-

1 , Epistol. ad Q. ratrem, II, 16.

nostics du même poëte. Ce n'est, il est vrai, qu'en 693 qu'il l'a envoyée ou du moins annoncée à Atticus *. Mais ce pouvait-être une simple révision d'un ouvrage de sa jeunesse.

Ici s'interrompt la vie poétique de Gicéron pour une longue suite G'annies, vingt-six environ, remplies d'abord par les graves études qui le préparent à l'éloquence et à la philosophie, puis par les travaux du forum, par l'exercice des grandes magistratures, par le plus laborieux comme le plus glorieux consulat. Mais quand, après des services qui lui ont valu le titre magnifique de Père de la patrie, il se voit abandonné aux fureurs de Clodius, forcé à l'exil, et, de retour dans sa patrie, réduit à se ména^-er timidement entre de tout-puissants factieux, alors, dans son découragement, sa détresse, il appelle à son aide la poésie et pour ranimer dans le cœur des Romains une reconnaissance qu'il a peut-être eu le tort de lasser par de trop fréquents appels, il se rend à lui-même témoignage dans deux poëmes qu'on rapporte à 693 et 696, à sa quarante-septième et. à sa cinquantième année, le poème Sur son consulat, De Consulatu suo^le poëme Sur ses malheurs, De Temporibus suis.

Un temps vint, en 697, 699 (il avait alors de cinquante à cinquante-trois ans), où, recherchant les bonnes grâces de César, il entreprit, de concert avec son frère Quintus, l'un deslieutenants du conquérantdes Gaules et de la Bretagne, de célébrer ces merveilleuses expéditions. Elles excitaient alors un enthousiasme universel, dont les poêles se rendaient à l'envi les interprèles; Varron d'Atax dans sa Guerre des Séquanais, Scquanicum bcllum ; le satirique Furius Bibaculus, depuis si hostile aux Césars, dans un poëme qui ne nous est guère connu que par une moquerie d'Horace î^; Catulle enfin, qui devait lui-même un jour poursuivre César de si sanglantes épigrammes, dans des vers adressés à des amis dévoués, prêts, dit-il, à le suivre quelque pan

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