Sat. !I, V, 41: cf. I, x, 3G
CICÉRON
CICCRON
qu'il aille porter sa tristesse, jusqu'aux extrémités de l'Inde, en Arabie, en Egypte, dans les Gaules :
Si franchissant les Alpes, il allait visiter les trophées du grand César, le Rhin, ce tleiive des Gaules, et les sauvages Bretons au bout de l'univers,
Sive trans altas gradietur Alpes Cœsaris visens monumenta magni, Gallicum Rhenum, horribilesque ulti-
mosque Britannos*.
A ces ardents panégyristes, il faut joindre Cicéron : voici en quels termes chaleureux il applaudissait au projet de poëme conçu par son frère et promettait de s'y associer :
Vous avez là un fort beau sujet d'ouvrage. Quels pays! Quelle diversité d'événements et de lieux! Quelles mœurs! Quelles natonsl Quelles batailles! Enfin, quel général! Je vous r)rome volontiers tous les secours que vous exigez de moi, et je vous enverrai les vers que vous me demandez, quoique ce soit envoyer des Chouettes à Athènes *.
Te vero î)n60Eaiv scribendi egregiam habere video. Quos tu situs, quas naluras rerum et locorum, ^^0^'^°^^^' ^J^f,^^": te^ q:Kis pu-aas, quem vero ipsum imperatorem habes ! Ego le'libenter^ u\ rog.s, quibus rébus vis adjuvabo, et tibi versus quos rogas, fXaux' eiç 'AO/,vaç, mittam-.
Ces vers promis ne vinrent point, et Cicéron interrompit même un poëme à la louange de César entrepris pour son propre compte. Il n'avait point, disait-il, l'esprit assez libre et l'enthousiasme même lui manquait. a Abest etiam ivOoudiocdaci;*. • Ce découragement l'honore plus que n'eût fait son poëme : chanter le futur dictateur ne convenait guère au sauveur de la république, à celui qui devait bientôt la glorifier dans sa défaite par son éloge de Gaton, la défendre contre Antoine avec moins de succès mais non moins de zèle et de dévouement que contre Catilina. On ne sait à quelles dates il faut placer de petites pièces dont Cicéron avait fait un recueil et le recueil lui-même.
l Carm. XT , ad Furium et Aurelium, v. 9 sqq. l. '\im\. de m. J. V. Le Clerc.