‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 465 sur 513 · Hist. nal. Prœfat · texte numérisé non relu

Hist. nal. Prœfat

CICÉRON

CîCÉflON.

tature tyrannique de Sylla, le talent courap^eux qui allait bientôt lui tenir tête dans la défense de Roscius d'Amérie. GicéroD professa toujours, en dépit de ses opinions aristocratiques, une sorte de culte pour la mémoire de ce terrible représentant du parti populaire. Il en était si rempli que, parlant en toute hâte pourTexil et se reposant quelques instants dansun lieu voisin d'Arpinum, il vit en songe Marins, qui le consolait de sa disgrâce et lui annonçait son retour. Lui-même a raconté et discuté cette vision*, la dépouillant de son caractère merveilleux et y montrant, philosophiquement, un simple effet des pensées dont venait de s'entretenir son esprit dans des lieux d'où Marins lui-même était parti pour un exil si courageusement supporté. On peut croire que parmi ces pensées, si naturelles dans un tel moment et dans un tel lieu, avait sa place le tableau qu il avait autrefois retracé du départ de Marins. Lui-même en a cité ailleurs* quelques vers véritablement fort beaux, qui marquent un progrès sensible de la poésie latine vers sa perfection, où on la voit se dégager de l'antique rudesse des formes d'Ennius et atteindre déjà à l'élégante énergie de

Lucrèce.

Marius, avant de gagner la mer, a voulu revoir Arpinum ; dans un bois voisin de la ville, près d'un chêne sous lequel il s'est arrêté, il est rassuré, encouragé, par des présages favorables que décrit ainsi le poète :

Du troRC de l'arbre s'est élancé vers le satellite ailé de Jupiter, tonnant au haut des cieux, un ser[)ent qui le blesse de sa morsure. Lui-même, à son tour, s'acharne sur son ennemi, perce de ses terribles serres le reptile déjà presque mort, et dont le cou se teint de couleurs changeantes. En vain le monstre se débat et se tord, il le déchire, il l'ensanglante des coups redoublés de son bec, et quand il a satisfait sa colère et vengé ses douleurs, il le rejette expirant, en précipite les tronçons dans les ondes, et du couchant se dirige vers la brillante région où le soleil se lève. Marius, qui suit du regard dans les cieux son vol favorable, l'interprète comme un signe de la volonté des dieux, par lequel lui est annoncé un glorieux retour. A sagau-

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