‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 469 sur 513 · Epistol. ad Attic · texte numérisé non relu

Epistol. ad Attic

CICÉRON

et dans deux poèmes dont il était le héros, il chanta son consulat, puis les malheurs qui avaient été le prix de son généreux dévouement.

Ges poèmes sont doublement dignes d'intérêt. Littérairement, c'est un anneau de la chaîne dont se forme l'histoire de la poésie latine ; ils tiennent par une rudesse antique au vieil Ennius ; et, en même temps, par des traits colorés, énergiques qui s'échappent du milieu d'une obscure et confuse abondance, celle de l'improvisation, ils sont contemporains de Lucrèce ; ils comptent pour quelque chose dans ce travail commun qui devait amener l'art de Virgile. Moralement, on peut les juger de deux manières différentes, toutes deux justes.[Sans doute il est impossible de n'y pas voir des produits de la vanité ; mais il serait souverainement injuste de n'y pas voir autre chosej lis procèdent encore d'un naïf mouvement de la conscience qui s'approuve elle-même en présence de l'ingratitude, de la malveillance, de l'injustice. On peut leur apphquer ce qu'a si bien dit Tacite * :

Plusieurs en écrivant eux-mêmes leur vie ont pensé faire acte d'honnête franchise, plutôt que d'insolence. Par là Rutilius et Scaurus n'ont provoqué ni la défiance, ni le blâme : tant il est vrai que les vertus ne sont jamais si bien appréciées que dans les temps où elles se produisent le plus facilement.

Plerique suam ipsi vitam narrare, fiduciam potius moram quam arrogantiam arbritati sunt; nec id Rutilio aut Scauro citrafidemaut obtrectalionifuit : adeo virtutes iisdem temporibus optime aestimantur, quibus facillime gignuntur.

Un dernier caractère moral de ces poëmes, c'est le dessein généreux de se lier soi-même à la vertu par un engagement solennel. Il ressort d'un beau fragment cité par Cicéron lui-même, dans une de ses lettres à Atticus * et du commentaire dont il l'accompagne. On est en 693, Gicéron semble tenté de montrer quelque complaisance pourGésar;

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