Epistol. adQ. fralrem, H
2. Déclamât, in M. T Cireronem. c. n, m. Cf. Qiiintilian. Inst. nrat. IV, î, 68; IX, m, 89 : ««Quid? non Sallustius directe ad Ciceronem, in quem ipsum dicebat, n^us est principio, et quidem protinus Graviter et iniquo animo maledicta paterer. Marce Tidli!'... et apud Salluslium in Ciceronem : 0 Ho mule irpinas. »
CICÉRON
refaisant à sa manière la déclaraatiou de Salluste et y intercalant les citations de Quintilien, nous y pouvons recueillir comme emprunté à la tradition le souvenir de ces fictions, bien hardies assurément, qui transportaient dans le domaine du merveilleux la vie de Gicéron ; qui, devançant de quelques années les apothéoses impériales célébrées par Virgile et Horace, transformaient le glorieux consul de la République en un personnage presque divin, élève de Minerve, ministre de Jupiter, préposé par lui au gouvernement, au salut de Rome, passant du conseil des dieux au sénat, et que les Muses elles-mêmes entretiennent de sa gloire. La vertu de Gicéron n'était pas de trop pour faire passer ce qu'il y avait là d'excessif.
On peut s'en tenir sur ce point aux judicieuses, aux équitables appréciations de Quintilien *. Passant en revue les ouvrages qui témoignent, à divers degrés, de la jactance dont on a accusé Gicéron, il distingue ses lettres familières où il s'épanche librement avec ses amis, ses dialogues où il charge de son éloge quelqu'un des personnages qu'il met en scène, ses discours où il le fait lui-même directement, ouvertement. Mais là il est plus occupé de louer ses actions que son éloquence; en les louant, il en partage l'honneur avec le sénat, il le fait remonter aux dieux ; c'est une réponse à ses détracteurs, à ses ennemis, une apologie. En somme, Quintilien ne regrette que ses hyperboles poétiques dont on a pu abuser contre lui.
Que ne s'est-il abstenu, dans ses poèmes, de ce que n'a cessé d'y reprendre la malignité :
« Que les armes le cè'ient à la toge, le Liuriep de la victoire à celui de l'éloquence ! ï>
c 0 Romo fortunée, née sous mon consulat ! »
et ce Jupiter, qui l'appelle dans le conseil des dieux, cette Minerve qui lui a enseigné les arts, tous ces traits que certains exemiJes des Grecs l'ont enhardi à se permettre!