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gieuses et morales, a certainement plus de netteté dans sa prose; mais l'auteur de la traduction d'Aratus, dans sa lutte quelquefois heureuse contre l'original grec, n'a guère rencontré de plus beaux traits que ceux qui étincellent au milieu des nuages d'un début embarrassé; que ce poétique développement du vers fameux d'Ennius : Aspice hoc sublime candens quem vocant omnes Jovem :
Principio aetherio flammatus Jupiter igni Vertitur et totum collustrat lumine mundum,
que cette grande image de l'intelligence divine, habitant les profondeurs de l'inhni, et de là présidant à la disposi tion de toutes choses :
iEtheris aeterni septa, atque inclusa cavcLi^ Omniajam cernes divina mente notat£
Ces vers sont, à un autre titre encore que leur date, contemporains des vers de Lucrèce.
D'après un usage qui remontait aux origines de Rome, les nouveaux consuls allaient, ainsi qu'autrefois les rois, au temps des fériés latines, sacrifier sur le mont Albain à Jupiter Latialis. Gicéron se fait rappeler par la Muse comment, lorsqu'il s'acquittait de ce devoir, le ciel même, par des signes prophétiques, l'avertit des dangers de la patrie. Ce passage est lui-même ce qu'était le précédent, chargé, confus, pénible, mais étincelant de vives expressions et de beaux vers.
Et toi-même, les mouvements des astres volant à travers le ciel, le concours redoutable des étoiles rayonnantes, tu lésa pu observer, lorsque, consul, tu visitais les neiges du mont Albain et solennisais par de joyeuses libations de lait les fériés latines; tu vis aussi alors trembler les feux éclatants dvs comètes ; tu pus penser que tout s'allait confondre dans une ruine nocturne, et qu'avec la venue prochaine d'une époque sinistre se rencontrait la fête des Latins, quand la lune épaississant son disque cach i sa pure lumière et défaillit tout à coup au milieu d'une nuit étoilée. Et pourquoi en effet, sinon pour donner le signal d'une triste guerre, le fl smbeau de Phébus, au moment
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même où sa flamme vol:iit vers le sommet du ciel, se fat-il précipité dans les abîmes du couchant?
Tu quoque, cum, etc.
A ces vers manque beaucoup trop, assurément, celle prfcision, cette netteté, cette purelé de la forme, mente d un autre âge, souvent rencontré par Lucrèce, poursuivi par Catulle et que, le premier, Virgile possédera pleinement. Mais on ne peut leur refuser cette louange, un souffle poétique'les anime; ils sont semés çà et là de beaux traits: « astrorum volucres motus « , « claro tremulos ardore cometas-» ils offrent enfin dans la peinture d'une éclipse, ce phénomène naturel si redouté des anciens, le mélange admiré chez l'auteur du De Natura rerum de l'expression technique et de l'expression figurée :
Quum claram speciem concreto lum.ine luna Abdidit, et subito stellanti nocte pcremta est.
Cicéron, dans le passage qui suit, a le mérite de rappeler, sans être trop accablé par ce souvenir, un des morceaux les plus célèbres et les plus beaux de Virgile, celui où il a énuraéré les signes précurseurs du meurtre de César et de la guerre civile ^ Entre les deux, il est vrai, la différence est grande : Virgile choisit, ordonne, rassemble' en un tout ce que Cicéron, comme trop souvent aussi son contemporain Lucrèce, répand dans ses vers avec prodigalité et confusion; mais enfin dans celte ébauche qui, sous un pinceau plus habile, deviendra un tableau achevé, les images sont fortes, l'expression vive et énergique, l'harmonie quelquefois d'un effet lugubre convenable au sujet.
(Tu dus prévoir cet avenir) quand, frappé d'un terrible coup de foudre, à la lumière sereine du ciel, un citoyen fernna ses yeux au jour; quand la terre s'épouvanta elle-même de ses monstrueux enfantements. Alors,au temps de la nuit, des spectres effrayants annonçaient les révolutions et la guerre. Partout, sur la terre, les prophètes inspirés se répandaient en ora