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des menaçants, n'annonçant que des disgrâces. Et ces maux que le cours des ans avait enfin amenés à leur terme, le père des dieux lui-même, par des signe» éclatants et sans nombre, en prédisait la venue à la terre.
Aut quum terribili perculsus fulmine civis, Luce serenanti, vitalia lumina liquit?
Aut quum se gravido tremefecit corpore tellus? Lim vero varias nocturno tempore visas Terribiles formas bellum molusque monebant; Multaque per terras vates oracla furent! Pectore fundebant, tristes minitantia casus, Atque ea, quse lapsu tandem cecidere vetusto, Hase fore, perpetuis signis clarisque frequentans Ipse deum genitor cœlo terrisque canebat.
Ce qui est dit dans ces vers de tant d'oracles, de tant de signes envoyés par Jupiter, où s'annonçait à Rome un redoutable avenir, semble une conclusion : il n'en est rien ; la Muse y revient, non sans force et sans éclat, dans ce qui suit, et ce ne sera pas la dernière fois. loi apparaît sensiblement le vice, qui ne disparaîtra guère de la poésie latine que chez Virgile, d'une verve surabondante, d'une composition mal réglée.
Enfin tout ce que sous les consuls Torquatus et Cotta avait annoncé l'aruspice Lydien, le devin sacré de la nation Tyrrhénienne, se rassemble aux joars marqués d'avance de ton consulat. Le père des dieux, qui tonne au haut des cieux, de l'Olympe étoile où il s"appuie, frappe lui-même ses collines et ses temples, lance ses feux sur sa demeure sainte au Capitole.
Nuncea,Torquato quse quondam, et consule Cotta, Lydius ediderat Tyrrhense gentis aruspex, Omnia fixa tuus glomerans déterminât annus. Nam pater altitonans, stellanti nixus Olynipo, Ipse suos quondam tumulos et templa petivit, Et Capitolinis injecit sedibus ignés.
Cette image de Jupiter foudroyant son propre temple était restée dans la mémoire de Laclance, qui l'a citée*, s'en faisant un argument contre le polythéisme. Lucrèce,
\. Institut, divin. lU.n.
CICÉRON
adversaire d'une autre sorle, s'élait avisé avant lui de cet argumen.. Gomme Gicéron, mais dans une intention bien différente, il rappelait l'événement contemporain de l'incendie du Gapitole parle feu du ciel, lorsque, voulant retirer à Jupiter sa foudre pour la rendre k la physique, il disait, dans des vers qui ont un air de famille avec ceux de Gicéron :
Enfin pourquoi Jupiter ruine-t-il de sa foudre ennemie les saints temples des dieux et la beauté de ses sanctuaires? Pourquoi met-Il en pièces leurs statues, ces belie> œuvres de l'art, et désnonore-t-il par de violentes mutilations ses propres images?
Postremo cur sancta deum delubra, suasque Discutit infesto praeclaras fulmine sedes, Et benefacta deum frangit simulacra, suisque Démit imaginibus violente volnere honorem * ?
Ici ont trouvé naturellement leur place de beaux détails sur les ravages du coup de foudre qui en 689 avait frappé le Gapitole. On y remarque surtout les vers oii, après Ennius et avant Virgile % Gicéron a peint poétiquement la louve de Mars et les enfants du dieu, ses nourrissons. Il s'est inspiré d'un groupe de bronze, ouvrage de l'art étrusque probablement, placé dans le Gapitole en 457, et que le coup de foudre de 689 avait arraché de sa base et dégradé : le même, ont pensé quelques antiquaires, qui se voit encore avec la trace de ses dégradations dans le Gapitole de Rome moderne ^
Alors tombe l'antique statue d'airain de Natta; alors se fondent les tables d'airain de nos lois. La foudre détruit jusqu'aux saintes images des dieux. Cette nourrice sauvaje du nom romain, cette louve d<- Mars, dont la mamelle gonflée versait la rosée de la vie aux lèvres des jeunes enfants du dieu, le tra^l enflammé l'atteint avec ses nourrissons, et sur la base dont elle est arrachée on ne voit plus que la trace de ses pieds.