eiVa«. rer. VI, 417; cf. II
2. Enn. Annal, i; Vitgil. yEneid. viii, 630. Voyez plus haut, ç. 50.
3. Voyez les notes de J. V. Le Clerc, dans son Cicéron, éd. de 1827, t. XI, p. Uj3, A\XI, iho.
CICERON
Hic silvestris erat romani nominis altrix, Martia, quœ parvos Mavortis semine natos Uberibus gravidis vilali rore rigabat :
Quae tum cum pueris flammato fulminis ictu Concidit, atque avulsa pedum vestigia liquit.
Une troisième fois, et c'est beaucoup, la Muse revient aux prédictions des aruspices étrusques. G'e^t pour expliquer comment elles se sont vérifiées sous le consulat de Gicéron; comment, ainsi qu'ils l'avaient annoncé, avec la consécration d'un monument religieux qui ne put être achevé qu'alors, a concouru l'heureuse découverte, la répression de la conjuration de Gatilina.
Qui alors, déroulant les livres des Étrusques, antiques monuments de l'art augurai, n'en faisait sortir des paroles effrayantes ? Toutes disaient que de la plus noble race de vos citoyens devait provenir un fléau, une peste publique, dont on devait se garder; toutes, sans relâche, parlaient de la ruine des lois. Il fallait, disaient- elles, sauver des flammes et les temples des dieux, et les villes, redouter les horreurs du meurtre et du carnage. Et tant de maux devaient, par le rigoureux décret du destin, s'attacher à Rome, s'y fixer, si, bientôt, couronnant noblementle f.iite de la haute colonne, lasainte image de Jupiter ne regardât vers l'Orient. Alors seulement le peuple et l'auguste sénat pourraient pénétrer le secret de trames criminelles, si, tourné vers le lever du jour, Jupiter voyait de là le domicile des Pères et du peuple. Tu es consul, et la statue s'élève enfin sur sa h.'iute base; au temps réglé, marqué, Jupiter fait briller son sceptre au haut de la colonne. En même temps la ruine de la patrie menacée de la flamme et du feu est révélée par les Allobroges aux Pères et au peuple.
Tune quis non, etc.
Je ne transcris rien de cette tirade, d'un beau caractère encore, où se rencontrent des expressions empreintes de la grandeur romaine, mais que fait trop disparaître la surcharge des développements et des mots. J'aime mieux citer en entier, dans son texte plus coart, l'éloquente péroraison du morceau :
C'est donc à juste titre que ces mortels antiques dont les monuments sont venus jusqu'à vous, dont la prudence et la vertu gouvernaient autrefois les peuples et les villes, que vos
CICÉRON
CICERON
aïeux surtout si grands par la piété, par la foi, si élevés au-dessus des autres hommes par la sagesse, ont fait leur premier devoir du culte des dieux, ont adoré leur puissance active. Ils ont eux-mêmes, d'un regard pénétrant, aperçu la sainte vérité, ces hommes qui ont occupé leurs loisirs de si nobles spéculations, qui sous les ombrages de l'Académie, dans le brillant lycée, ont répandu les trésors de doctrine amassés par leur féconde intelligence. Arraché à leur-s leçons, dès la fleur de ton âge, la patrie t'a jeté au milieu des luttes pénibles de la vertu. Tu sais cependant, parmi les soucis de la vie publique, goûter un studieux repos, le consacrant à enrichir la langue de ta patrie et à nous servir.
Rite igitur veteres quorum monumenta tenetis,
Qui populos urbesque modo ac virtute regebant;
Rite etiam vestri, quorum pietasque fîdesque
Prsestitit, ac longe vicit sapientia cunctos,
Praecipue coluere vigcnti numine divos.
Hœc adeo penitus cura vidère sagaci,
Otia qui studiis laeti tenuere decoris,
Inque Academia umbrifera, nitidoque Lyceo
Fuderunt claras lœcundi pectoris artes.
E quibus ereptiim primo jam a flore juventae,
Te patria in média virtutum mole locavit.
Tu tamen anxiferas curas requiete relaxas
Quod patriaB vocis (voces?) studiis nobisque sacrasti.
Quoiqu'il y ait certainement à reprendre dans ces vers, comnie dans les précédents, que le dernier, notamment, soit peu intelligible, on n'y peut méconnaître une grave et forte inspiration. Gicéron y fait parler la Muse comme il convenait à un consulaire, à un augure, à im sage, zélé pour le maintien des vieilles traditions politiques et religieuses de Rome, jaloux en même temps de les rajeunir par une sorte de consécration philosophique. Ce n'est pas sans charme qu'il parle de ces nobles études auxquelles l'ont arraché dans sa jeunesse, et rendu au déclin de l'âge, les travaux et les vicissitudes de la vie publique. On a remarqué chez Horace certains souvenirs de Gicéron : peut-être y faut-il ajouter les vers oii il regrette que le malheur des temps, le flot de la guerre civile, l'aient enlevé aux études chéries de son jeune âge, à Taimable séjour d'Athènes.
Dura sed emovere loco me tempora grato,
Civilis que rudem belli tulit aestus in arma
En voilà assez, on trouvera peut-être qu'en voilà trop sur le De consulatu suo. En revanche, il y a peu de choses à dire sur le De temporibus suis, sur ces Tristes de Gicéron, qu'il eût été intéressant de pouvoir comparer avec les Tristes d'Ovide. Quelques passages de sa correspondance en indiquent le sujet, l'esprit, la distribution, et même un peu le caractère littéraire, les mérites et les défauts.
Au mois de septembre 699% il écrit à P. Lentulus, l'un de ceux qui ont le plus contribué à son retour et à son rétablissement dans ses droits, après la persécution de Clodius, qu'il vient de composer, entre autres ouvrages, trois livres en vers sur les derniers événements de sa vie. Il les lui aurait envoyés 11 y a longtemps, s'il avait pensé qu'ils dussent être publiés; car ils sont et resteront des témoins éternels (il parle en poëte, comptant, à l'ordinaire, sur rimmortalité) des témoins de tous les bons offices de son ami à son égard et de sa reconnaissante affection. Ce qui le détourne de faire paraître son nouveau poëme, ce n'est pas la crainte d'y avoir blessé qui que ce soit, car il y a a usé de beaucoup de ménagements; c'est le regret de n'avoir pu nommer tous les bons citoyens qui, en si grand nombre, lui sont venus en aide.
Une autre lettre de même date, mais adresse'e à son frère Quintus'*, nous fait connaître la mesure des ménagements qu'il se vante d'avoir gardés. Il n'a pas cru devoir les étendre, et on ne peut l'en blâmer, jusqu'à ses mortels ennemis Gabinius et Pison. Il songe, dit-il, à introduire dans son second livre un merveilleux épisode, mirificurn laCd- Xiov; et merveilleux est bien le mot propre, car, notons-le en passant comme un renseignement littéraire précieux à recueillir, les dieux de l'épopée y doivent jouer leur rôle, ainsi que dans les scènes de l'autre poëme : il y fera parler Apollon prédisant, dans le conseil des dieux, le retour de