Epistol. ad Q. fratrem, III, i
CICERON
deux généraux, dont l'un aura perdu son armée, et l'autre vendu la sienne.
Ce poëme qu'il s'excusait de n'avoir pas envoyé à Lentulus, il l'avait fait remettre h César par son frère Quintus, qu'il prie dans une très-agréable lettre du mois d'août 699 * , avec un mélange piqnant d'inquiétude et de confiance, de ne pas lui cacher ce que pense César de sa nouvelle production poétique. César lui a bien écrit qu'il en a lu le premier livre et qu'il n'a rien vu, même en grec, de meilleur que ce commencement. Mais il a ajouté que le reste, jusqu'à un certain endroit, lui a paru.... il ne l'a pas dit brutalement en latin; il Ta adouci, avec une réserve polie, par
un mot grec un peu vague faO'juoWspa, plus négligé. Ci-
céron s'inquiète de la portée de cette critique. Est-ce le sujet même ou la manière dont il est traité qui ne plaît point à César? Ce que Cicéron veut bien trouver obscur, ne peut l'être pour ceux qui ont lu les vers, rapportés précédemment, du premier poëme. Il ne saurait être douteux pour eux que le goût délicat de César n'ait démêlé dans cette nouvelle production ce qni d^jà recommandait l'autre, et ce qui la déparait, certaines beautés poétiques, éclatant çà et là, avec le trop constant retour des vices ordinaires d'une composition précipitée.
Nous ne sommes pas à même de vérifier ce jugement de César : il n'est resté du De temporibus suis que deux vers et encore, rapportés à ce poëine seulement parconjecture. Ce sont ceux-là précisément qu'a cités Quintilien^, regrettant que par une glorification sans mesure de son consulat Cicéron y ait trop donné prise à la malice de ses ennemis.
Un de ces deux vers, dont Voltaire' a contesté officieusement l'incontestable authenticité, faisait au titre de Père de la Patrie, que Cicéron avait r çu du sénat, une allusion ingénieuse, mais malheureusement trahie par l'expression. Dev.nu avec le temps ce que probablement il n'était pas