Tuscid
CICERON
lant, comme on le fait dans les écoles grecques, ces déclamations de vieillard, senties declamationes ^ — c'est son expression, — de citations empruntées aux poètes, aux poètes latins bien entendu, quand il le peut, et quand cette ressource lui manque, à lui-même, qui a traduit tout exprès quelques beaux passages des chefs-d'œuvre poétiques de la Grèce.
La déclaration est formelle, et pourtant n'a pas empêché qu'on retirât longtemps à Gicéron la propriété des deux morceaux précisément à l'occasion desquels elle était faite : les plaintes d'Hercule mourant, d'après Sophocle' ; les plaintes de Prométhée attaché au Gaucase, d'après Eschyle*. Tout au plus aurait-on pu supposer que, par les mots isli versus, Gicéron a désigné seulement le dernier des deux morceaux; or celui-là même, on n'a pas laissé, malgré l'assertion du véritable auteur qui le réclamait comme sien et sur la seule foi du grammairien Nonius ^ de le donner au poète tragique Attius. Sans doute, et c'est ce qui a trompé Nonius, Attius était l'auteur d'un Prométhée dont Gicéron paraît avoir cité quelques vers*. Mais il l'avait imité, à ce qu'il semble, du Prométhée enchaîné d'Eschyle et non de la troisième pièce de sa trilogie, du Prométhée délivré auquel était emprunté le passage que Gicéron dit, et il n'y a nulle raison de ne pas l'en croire, avoir reproduit lui-même''. Il figure aujourd'hui sous sa forme latine, parmi les fragments de la pièce perdue, comme tant d'autres, du