‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 484 sur 513 · Tuscul. II. 8, 9,2.'.; III · texte numérisé non relu

Tuscul. II. 8, 9,2.'.; III

œuvres poétiques de Gicéron qui nous occupe. Euripide y a sa place ainsi qu'Eschyle et Sophocle ; il y est représenté par des morceaux de moindre étendue, mais plus nombreux*. On ne doit point s'en étonner; ce poëte sentencieux était des trois tragiques et même de tous les autres poètes, Homère seul excepté, celui qu'alléguaient le plus volontiers les philosophes grecs ^ Il avait droit à la même préférence de la part de leur disciple romain. Gicéron qui, en vers comme en prose, faisait profession' de traduire librement, qui abrégeait, allongeait, modifiait sans trop de scrupule, pesant les mots au lieu de Ics compter et plus jaloux de conserver l'esprit que la lettre de son modèleA me paraît avoir montré dans ses traductions des tragiques grecs une louable flexibilité. Lorsqu'il va des mouvements passionnés d'Eschyle et de Sophocle aux moralités d'Euripide, voisines de celles de Ménandre, il modère, il abaisse son ton tragique, il semble rivaliser non plus avec Attius, mais avec Térence. Lui-même nous met sur la voie de ce rapprochement dans un chapitre de ses Tusculanes, où il fait donner le même conseil de sagesse par le parasite Phormion et par le héros athénien Thésée*. Phormion y dit à peu près ce qu'a répété notre Scapin '^ :

Monsieur, la vie est mêlée de traverses , il est bon de s'y tenir sans cesse préparé; et j'ai ouï dire, il y a longtemps, une parole d'un ancien que j'ai toujours retenue. — Quoi? — Que pour peu qu'un père de famille ait été absent de chez lui, il doit promener son esprit sur tous les fâcheux accidents que son retour peut rencontrer, se figurer sa maison brûlée, son argent dérobé, sa femme morte, son fils estropié, sa fille subornée, et ce qu'il trouve qui ne lui est pas arrivé , l'imputer à bonne fortune.

1. De Fin. 11,32; Tuscul. I, 4; III, 14, 25,28; IV, 29; De Nat. deor. ï, 25 ; De Divin. II, 5; De Offic. III, 21, 29.

2. Voir à ce sujet, Études sur les tragiques grecSy t. I, p. 134 et suivantes.

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